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Propos recueillis par Fanny Doumayrou et parus dans l’Humanité du 8 septembre 2005

« Dire que les chômeurs ne veulent pas travailler, c’est une connerie » Philippe Villechalane,

jeudi 8 septembre 2005 par Fanny Doumayrou
porte-parole de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et précaires (APEIS).

D’abord, Villepin ment quand il dit que le chômage baisse et qu’on est sur la bonne voie. Il y a eu 35 000 chômeurs de moins en juin, 25 000 de moins en juillet, mais dans le même temps, le nombre de radiations a été de 43 000 et 34 000. Ce qui permet au gouvernement de dire que le chômage a baissé et est passé sous la barre des 10 %, c’est les radiations !

Ensuite, les mesures de Villepin consistent à forcer les chômeurs à accepter n’importe quel boulot, les temps partiels, les contrats précaires, bref les petits boulots. À côté de ça, les mesures de soutien du pouvoir d’achat comme la prime pour l’emploi et la prime de reprise d’emploi sont un transfert de charge : le gouvernement nous fait payer à nous, la collectivité, au lieu des patrons, qui bénéficient de ces mesures. Il sert ses amis du MEDEF ! Pour créer de l’emploi et protéger les salaires, il faudrait d’abord indemniser toutes les formes de chômage, alors qu’aujourd’hui seuls 47 % des chômeurs sont couverts par l’UNEDIC. Évidemment, ce n’est pas vers ça qu’on s’oriente...

Le premier ministre a expliqué qu’il fallait inciter les chômeurs à préférer le travail à l’assistance. Mais l’assurance chômage n’est pas de l’assistance, c’est un système fondé sur la solidarité. On cotise quand on travaille, pour pouvoir ensuite toucher une allocation si on tombe en chômage. Ce n’est pas un cadeau, ce n’est pas de la charité ! Et s’il y avait assez d’emplois pour que tout le monde vive décemment, on n’aurait pas besoin de ce système ! Dans tous les comités locaux de l’association, on constate la même chose : quoi que laisse entendre le gouvernement, il y a un chômeur sur mille seulement qui ne veut pas travailler, et bien souvent c’est plutôt une défense pour s’adapter à la situation, un moyen d’exister quand même, sans emploi. Mais tous les gens qu’on rencontre, ils veulent du boulot. Des études l’ont montré. Quand on propose un contrat CES à une personne au RMI, dans 90 % des cas elle accepte, alors qu’elle n’y gagne pas financièrement. Les gens préfèrent travailler car ils savent que la socialisation, ne pas rester isolé, c’est crucial. Dire que les chômeurs ne veulent pas travailler, qu’ils se satisfont de ce qu’ils touchent, c’est une connerie et je pense que Villepin ne sait pas ce que c’est de vivre avec 400 euros par mois (le RMI ou l’ASS) ou avec de faibles allocations ASSEDIC.

Le stand de l’APEIS à la Fête de l’Huma organise un débat sur le chômage, samedi à 15 h 30, avec Claire Villiers.

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