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article de Fanny Doumayrou paru dans L’Humanité du 17 novembre 2006

Dix-neuf victimes de l’amiante attaquent EDF

vendredi 17 novembre 2006 par Fanny Doumayrou
Maladies professionnelles . Les anciens salariés de la centrale thermique d’Arjuzanx, dans les Landes, veulent faire reconnaître la « faute inexcusable » de leur direction.

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Mont-de-Marsan doit examiner ce matin les plaintes de 19 anciens agents de la centrale thermique d’EDF à Arjuzanx (Landes), malades ou décédés de l’amiante, demandant de reconnaître la faute inexcusable de l’employeur qui les a exposés pendant des années à ce poison. Ce site EDF, qui comprenait aussi une mine à ciel ouvert, employait plus de 600 agents. Après sa fermeture en 1991, la centrale a été mise sous cloche pour être démontée. Plus de 900 tonnes de produits amiantés ont été enlevées par des entreprises spécialisées, dont les salariés étaient vêtus de scaphandres. « Nous avons alors pris conscience des risques auxquels nous avions été exposés, raconte Jean-Louis Barthès, ancien secrétaire général du syndicat CGT du site. L’amiante était présent partout pour le calorifugeage, mais nous avions toujours travaillé sans protection et sans que la direction ne nous mette en garde sur la dangerosité des fibres. » Aujourd’hui, le bilan est lourd :

74 agents du site ont été reconnus en maladie professionnelle par la Sécurité sociale, dont 22 sont décédés.

l’employeur sanctionné

La reconnaissance de la faute inexcusable sanctionne un employeur qui n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger la santé de ses salariés. Elle permet aussi de doubler le montant de l’indemnisation que les victimes touchent de la Sécurité sociale, le coût étant à la charge de l’entreprise. Lors d’une première procédure en 2004, 23 anciens d’Arjuzanx ont déjà gagné en faute inexcusable. « À l’époque, le PDG d’EDF, Roussely, s’était engagé à ouvrir des négociations au niveau national pour reconnaître sa faute inexcusable en interne et fixer une indemnisation des victimes, ce qui leur aurait épargné d’aller en justice, dénonce M. Barthès. Mais depuis, la direction a fait machine arrière. » Pour elle, ce n’est pas le moment de reconnaître quoi que ce soit, puisqu’elle est aussi sous le coup d’une plainte pénale, déposée en 1998 par la CGT d’Arjuzanx. « L’instruction est en cours, une quarantaine de cadres ont été entendus dans le cadre d’une commission rogatoire, se félicite M. Barthès. Des mises en examen vont tomber. »

1 900 maladies, 400 décès

Au niveau national, EDF-GDF a provoqué pas moins de 1 900 maladies (dont 400 décès) de l’amiante. Et l’affaire n’est pas terminée, puisqu’il reste de l’amiante dans les installations. « La direction a signé, en 1998, un accord qui prévoyait des mesures de retrait, mais certains sites ne l’appliquent pas du tout », déplore le cégétiste. Ce qui signifie que des agents et des salariés d’entreprises sous-traitantes continuent d’être exposés.

solidarité avec les plaignants

Ce matin, la CGT organise un rassemblement devant le palais de justice de Mont-de-Marsan pour soutenir les plaignants et leurs familles, puis une manifestation jusqu’à la mairie. Seront présents, des délégations de syndicats d’autres sites EDF, des salariés d’entreprises de la région frappés par l’amiante (papeteries de Mimizan, CECA de Parentis, Eternit, Turbomeca, SNCF) et des - associations régionales de victimes de l’amiante.

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