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Frédéric de Monicault | Le Figaro le 14.12.2009

E.ON va investir dans le nucléaire français

lundi 21 décembre 2009 par Frédéric de Monicault
Le tour de table du deuxième EPR français est en cours de constitution. Le géant allemand va participer à l’aventure aux côtés d’EDF, GDF Suez, Total et Enel.

Pour le moment, rien n’est encore officiel. Mais les discussions avancent bien, sous l’égide du gouvernement, pour la constitution du tour de table du second réacteur de nouvelle génération EPR, qui sera implanté à Penly (Seine-Maritime). Le prototype étant actuellement en construction à Flamanville, dans la Manche. À Penly, ce ne sont pas moins de cinq acteurs qui vont composer la société appelée à construire la centrale du futur. Outre EDF et GDF Suez, il y aura Total, l’italien Enel et l’allemand E.ON. Cinq géants pour un projet industriel majeur, qui doit démarrer en 2012 pour une mise en service en 2017.

L’engagement des uns et des autres s’est réalisé en plusieurs étapes. Au printemps dernier, François Fillon avait prévenu qu’EDF piloterait ce consortium en charge du financement du projet. Le premier ministre avait parallèlement octroyé une minorité de blocage à GDF Suez, à hauteur de 33,33 %. Le même GDF Suez, quasiment dans la foulée, était descendu à 25 % après avoir annoncé qu’il cédait 8 % à Total. La compagnie pétrolière française ayant annoncé, voilà déjà plusieurs mois, qu’elle envisageait de se lancer progressivement dans le nucléaire, dans le cadre de l’après-pétrole.

C’est ensuite que les négociations se sont intensifiées. Depuis qu’EDF a finalisé son implantation en Italie (en 2005), il est prévu, en contrepartie, que l’électricien transalpin Enel puisse être associé aux EPR français [1]. Il détient à ce titre 12,5 % dans la société qui construit le site de Flamanville. En principe, l’électricien transalpin aurait été en droit de réclamer un seuil équivalent dans Penly. Mais c’est compter sans l’allemand E.ON, d’autant plus désireux d’investir dans le nucléaire français qu’il est solidement implanté dans l’Hexagone après avoir pris le contrôle total de la Snet (Société nationale d’électricité et de thermique), le premier électricien indépendant en France.

Des délais resserrés

E.ON, qui a fait savoir aux pouvoirs publics qu’il se verrait mal relégué derrière Enel, a été d’autant plus entendu que Paris veut restaurer l’axe industriel entre la France et l’Allemagne. Une collaboration dans l’EPR est donc un signe fort. À l’arrivée, derrière le duo EDF et GDF Suez, on verra donc émerger un trio Total-E. ON-Enel avec chacun une part équivalente, avec un peu plus de 8 %. De quoi réjouir l’ancien président d’EDF, Pierre Gadonneix, qui avait appelé de ses vœux la création d’un club de grands énergéticiens européens pour développer le programme EPR.

Le calendrier de l’annonce de composition du tour de table pour le futur réacteur de Penly dépend du gouvernement. Les industriels souhaitent qu’ils ne tardent pas trop, compte tenu de l’ampleur du projet et des délais resserrés. Mais des ajustements sont toujours possibles. On vient de le constater à Abu Dhabi où la filière française, qui rassemble EDF, GDF Suez, Total et Areva, vient de modifier son tour de table pour tenter de décrocher un contrat d’une quarantaine de milliards de dollars portant sur la construction de quatre centrales.

[1] NDW : lire la rubrique L’italie un goufre pour EDF ?

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