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Article de Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 29 août 2006

EDF accélère en Europe centrale

mardi 29 août 2006 par Frédéric de Monicault
Le groupe français va racheter les minoritaires de sa filiale hongroise Demasz.

NOUVELLE ÉTAPE dans le cadre du développement européen d’EDF. Hier, le groupe français a annoncé qu’il allait racheter les minoritaires de sa filiale hongroise Demasz, dont il détient déjà 60,9 % du capital. Un processus qui lui permet « de renforcer et de rationaliser ses positions en Hongrie et en Europe centrale, zone dans laquelle la Hongrie joue un rôle clé ». Implanté dans le sud du pays, là où est situé en particulier un grand pôle européen de pharmacie et de parapharmacie, Demasz affiche aujourd’hui une capitalisation boursière de 231 millions d’euros. Dans le cadre de l’opération annoncée hier, EDF offre - par action de sa filiale - une prime de 22 % par rapport au cours moyen des douze derniers mois, a-t-il précisé dans un communiqué.

« Nous travaillions sur cette opération depuis plusieurs mois : elle ­va augmenter notre marge de manoeuvre dans un pays aujourd’hui en plein développement et dans lequel nous sommes présents depuis près de dix ans », souligne Gérard Wolf, directeur général adjoint filiales et développement à l’international.

Pour EDF comme pour tous ses autres grands concurrents, les pays d’Europe centrale constituent aujourd’hui une zone particulièrement stratégique : elle devait couvrir, à l’horizon de 2015, pas moins de 15 % du marché de l’électricité en Europe. Présent également en Pologne, en République tchèque et en Slovaquie, EDF veut y poursuivre son développement, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de ses filiales. L’allemand En.BW apparaît dans cette perspective une excellente tête de pont.

Poids accru de l’internationalLongtemps contesté, le développement international d’EDF, qui a fait l’objet d’un recentrage en règle depuis l’arrivée de Pierre Gadonneix à la tête de l’entreprise, fait aujourd’hui la preuve de son efficacité. Les résultats semestriels publiés voilà quelques jours en témoignent, ce sont en effet les activités à l’international qui ont dopé le chiffre d’affaires du groupe, avec des performances très significatives au Royaume-Uni et en Allemagne. L’international couvre désormais 46 % de l’activité du groupe, contre 39 % un an auparavant. Avec l’intégration d’Edison, la filiale italienne d’EDF, les ventes ont progressé de 41,6 % à 13,9 milliards d’euros. Finalisée en 2005, la prise de participation d’EDF dans Edison était d’autant plus cruciale que le dénouement de ce dossier constituait un préalable indispensable à l’ouverture du capital d’EDF.

De combien dispose exactement l’électricien tricolore pour continuer à se renforcer à l’international ? Dans son contrat de service public, EDF a déjà chiffré ses investissements : 26 milliards d’euros sur la période 2006-2008, dont 18 dédiés à l’activité en France et aux filiales du groupe. Le calcul est simple : il reste 8 milliards d’euros pour une éventuelle opération de croissance externe. Un montant conséquent, même si très loin de l’enveloppe de l’allemand E.ON, prêt à payer 30 milliards d’euros pour prendre le contrôle de l’espagnol Endesa.

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