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Article de Pierre-Henri Lab paru dans L’Humanité le 7 décembre 2006

EDF atteint les sommets boursiers

jeudi 7 décembre 2006 par Pierre-Henri Lab
Énergie . Le cours de l’action atteint 52,35 euros. Cette hausse spectaculaire est une anticipation de la prochaine flambée des tarifs d’électricité.

On jubile du côté du Palais Brongniard. Lundi, pour la première fois depuis son entrée en Bourse, EDF a franchi la barre des 100 milliards d’euros de valorisation boursière avant de terminer la séance à 97,2 milliards d’euros. L’entreprise se place ainsi au deuxième rang, derrière

le pétrolier Total, des cinq

premières capitalisations du CAC 40. Le cours de l’action du groupe présidé par Pierre Gadonneix est passé de 32 euros le 18 novembre 2005, date de sa première cotation, à 52,35 euros en ce début de semaine. Une bonne surprise pour les actionnaires mais qui en annonce de biens mauvaises pour les consommateurs.

Cette flambée boursière est en fait le prélude à une nouvelle flambée tarifaire. Le bond de l’action d’EDF coïncide en effet avec la décision du Conseil constitutionnel concernant la loi sur l’énergie et la fusion entre GDF et Suez. Celle-ci, en repoussant la concrétisation de la fusion au 1er juillet 2007 empêche l’émergence d’un concurrent sérieux à EDF. Mais surtout l’institution présidée par Pierre Mazeaud a censuré les dispositions de l’article 17 de la loi permettant le maintien des tarifs réglementés au-delà du 1er juillet, date de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et du gaz aux particuliers. Dès lors, à compter de cette date, les fournisseurs d’électricité et de gaz seront libres de pratiquer les tarifs de leur choix. Cité par le quotidien économique les Échos dans son édition d’hier la banque d’affaires américaine Goldman Sachs assied son objectif de cours à 52,10 euros de l’action EDF sur une augmentation des tarifs réglementés de 1,5 % par an jusqu’en 2015. L’organisme financier précise que si l’augmentation des tarifs était de 3 % au lieu de 1,5 %, le cours de l’action grimperait de 9 euros. La fin des tarifs réglementés, qui fait espérer à certains analystes un cours de l’action entre 65 et 83 euros, annonce donc des pourcentages de hausse des prix encore bien supérieurs. L’ouverture à la concurrence et les privatisations ne provoqueront pas de hausse des tarifs, défendait, il y a peu encore, le premier ministre, Dominique de Villepin. L’envolée boursière d’EDF, avant-hier, démontre au contraire que les usagers comptent parmi les premières victimes de l’appétit de profit des actionnaires.

Le gouvernement qui a bien compris que la décision du Conseil constitutionnel pouvait nourrir des retombées électorales catastrophiques, fait mine maintenant de chercher des solutions pour maintenir les tarifs réglementés au-delà du 1er juillet prochain. Le ministère de l’Économie et des Finances serait ainsi en recherche « d’un nouveau support législatif » pour corriger la décision des « sages ». Reste que la période électorale s’avère peu propice à une réouverture du dossier énergétique devant l’assemblée nationale.

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