Liste des auteurs

Un article de Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 06 septembre 2005

EDF en ordre de bataille pour entrer en Bourse

mardi 6 septembre 2005 par Frédéric de Monicault
ÉNERGIE Alors que la concentration s’accélère en Europe avec l’OPA de Gas Natural sur Endesa en Espagne

La rentrée à peine amorcée, EDF est aujourd’hui plus que jamais mobilisée pour l’ouverture de son capital. Certes, la direction de l’entreprise publique a affirmé hier que ni le calendrier ni les modalités de l’opération n’étaient encore arrêtés.

En réalité, elle est aujourd’hui le doigt sur la gâchette, attendant le feu vert du gouvernement, qui a fixé l’automne pour échéance, afin d’enclencher la procédure.

Dans cette perspective, le groupe énergétique multiplie les signaux pour rappeler qu’il est prêt. L’un de ces signaux concerne la santé financière du groupe. En publiant hier des résultats semestriels encourageants, l’entreprise publique démontre qu’elle est en ordre de marche. Elle a vu son résultat net progresser sur six mois de 24% (2,13 milliards d’euros) par rapport au 1er semestre 2004 pro forma. Le chiffre d’affaires, 25,2 milliards d’euros, s’affiche, quant à lui, en croissance de 6,6%. Dans le même temps, l’endettement net a été réduit de 600 millions d’euros pour revenir à 19 milliards, « malgré le paiement de soultes d’un montant de 2,7 milliards d’euros (après impôts) ».

La direction d’EDF insiste également sur la forte progression des contributions des filiales européennes. Au Royaume-Uni en particulier, EDF Energy, contrôlée à 100%, a réalisé un chiffre d’affaires en progression de 6%. EDF annonce également être revenue à l’équilibre en Amérique latine, où la restructuration financière de sa filiale brésilienne Light est en cours de finalisation.

Sur le déroulement de l’ouverture du capital, le groupe, à l’issue de son conseil d’administration, s’est borné à souligner que « l’augmentation de capital prévue cet automne ne devrait s’accompagner d’aucune cession de titres autre que celle prévue par la loi au bénéfice des salariés ». Une déclaration aussitôt confirmée par Bercy, le ministère de l’Economie rappelant lui aussi que les modalités de l’opération n’étaient toujours pas décidées.

En vertu des textes, EDF peut mettre jusqu’à 30% de son capital sur le marché, pour une opération qui lui rapporterait, selon les estimations, entre 8 et 11 milliards d’euros, les montants nécessaires pour financer son plan de développement industriel. A cet égard, le succès de l’entrée en Bourse de Gaz de France est jugé comme très encourageant par la communauté financière dans la perspective du placement des titres EDF.

Dans le cadre du processus de préparation de l’augmentation de capital, l’entreprise a précisé qu’une assemblée générale mixte avait été convoquée pour autoriser le conseil d’administration à procéder à la réalisation de l’opération. De source concordante, il pourrait s’agir du 10 octobre.

Autrement dit, le dossier de la privatisation partielle d’EDF va s’accélérer. D’ailleurs, dès aujourd’hui, se tiendra une deuxième réunion d’analystes, après un premier rendez-vous organisé au début de l’été.

Une énorme campagne de communication est également sur les rails, prête à être déclenchée. Face à cette mutation programmée, la réaction des syndicats n’a pas tardé, CGT, FO et CFDT ayant quitté, hier, le conseil d’administration en cours de séance.

Pour la Fédération CGT Mines Energie, il est incompréhensible d’engager l’ouverture du capital d’EDF alors même qu’un événement comme la flambée du pétrole oblige le pays à revoir sa stratégie en termes de grands choix de politique énergétique. Aux yeux de la Fédération CGT, il importe aujourd’hui moins de songer aux dividendes des actionnaires qu’à engager des investissements énormes pour répondre à la demande croissante d’énergie. Au passage, la CGT s’insurge contre l’organisation à la va-vite, selon elle, d’un conseil d’administration.

Pour autant, selon EDF, cette augmentation de capital sera destinée en priorité à soutenir le programme d’investissements en France récemment décidée par le premier ministre : Dominique de Villepin a annoncé la semaine dernière qu’EDF engagera un milliard d’euros supplémentaires par an pour renforcer son potentiel dans la production et la distribution.

Au cours des prochaines semaines, le groupe va donc devoir redoubler d’ardeur pour se rendre attractif auprès des investisseurs.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !