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Catheirne Delgado | La Tribune le 13.04.07

EDF propose un plan après les suicides à la centrale de Chinon

vendredi 13 avril 2007 par Catherine Delgado
Un observatoire national de la qualité de vie au travail et un numéro vert pour les salariés vont être mis en place prochainement. Pour autant, l’entreprise se refuse à établir un lien direct entre les conditions de travail et les suicides de ses employés.

Remettre de l’humain au centre de l’activité industrielle" : tel est l’objectif de la direction d’EDF après le suicide de quatre de ses employés de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire) depuis 2004, dont trois au cours des six derniers mois. Et la tâche "n’est pas forcément simple", convient Yann Laroche, directeur général délégué ressources humaines et communication du groupe. Il a annoncé vendredi à la presse un plan d’actions sur les risques psychologiques dans l’entreprise, sans pour autant établir un lien direct entre les suicides et les conditions de travail.

La direction d’EDF va mettre en place prochainement un observatoire national de la qualité de vie au travail ainsi qu’un numéro vert pour l’ensemble de ses salariés, et entend favoriser le développement du management de proximité, ceci afin de susciter davantage de dialogue. Cette initiative, qui s’apparente à celle engagée par la direction de Renault après les suicides de salariés de son technocentre de Guyancourt, fait suite à l’envoi d’une mission d’écoute et de compréhension sur le site de Chinon fin mars. Cette mission, qui a rencontré plusieurs centaines de salariés, remettra la semaine prochaine son rapport à la direction d’EDF.

"Comme toutes les entreprises, EDF est parfois confrontée à des situations individuelles de mal-être qui peuvent être pathologiques", affirme Yann Laroche. Et les suicides résultent d’ "un faisceau de causes qui peuvent être aussi personnelles". Preuve que l’entreprise n’a rien a se reprocher : "plus des trois quarts des salariés sont satisfaits de travailler à EDF", selon les résultats du "baromètre interne" cité par Yann Laroche.

EDF conteste d’ailleurs en justice le fait que la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) a reconnu le suicide de Dominique Peutevynck, 49 ans, technicien supérieur à la centrale de Chinon, survenu en 2004, comme maladie professionnelle. Alors qu’un des médecins du travail de la centrale avait diagnostiqué chez ce technicien une "dépression réactionnelle professionnelle" en 2003 et en 2004, selon Le Monde, la direction d’EDF estime qu’ "un certain nombre de facteurs personnels peuvent expliquer ce geste". Le tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours doit se prononcer sur cette affaire le 14 mai.

De son côté la CGT, qui a révélé en mars les trois décès d’agents d’EDF de la centrale de Chinon survenus entre septembre 2006 et février 2007, dénonce la "surcharge de travail" qui pèse sur les travailleurs dans le nucléaire, notamment depuis l’ouverture partielle du marché de l’électricité à la concurrence.

Ce syndicat, majoritaire à la centrale de Chinon, est déçu par le plan annoncé par la direction. "EDF soigne son image et méprise le personnel", indique le syndicat du site dans un communiqué. "La direction générale préfère informer la presse avant les premiers intéressés", souligne la CGT, estimant que son mode de communication est le signe de son "embarras". Surtout, "ces décisions sont loin de contenter le personnel qui espérait des mesures plus concrètes par rapport aux difficultés rencontrées dans leurs travail", a déclaré à l’AFP le secrétaire général CGT à Chinon Guy Cléraux.

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