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Ebranlé par la crise, E.ON tire un trait sur ses prévisions et effraie les marchés

mardi 13 novembre 2012 par Thibaut Madelin, Claude Fouquet
Le géant allemand de l’énergie remet à plat sa stratégie. Face aux surcapacités en Europe, le groupe pourrait fermer plus de sites et céder davantage d’actifs.

E.ON tire la sonnette d’alarme. Le géant allemand de l’énergie a abandonné ce mardi ses objectifs à moyen terme et a annoncé une révision complète de sa stratégie. L’action a dévissé de 11 % en séance. En août, E.ON pensait « avoir fait le plus dur du chemin » et digéré les conséquences de la sortie du nucléaire de l’Allemagne. Trois mois plus tard, changement de ton. « Particulièrement dans la production d’électricité, nous sommes confrontés à d’immenses difficultés », a déclaré ce mardi le président du directoire Johannes Teyssen.

Que s’est-il passé entre-temps ? Le groupe est frappé de plein fouet par la conjonction de bouleversements historiques : crise de l’euro, récession sur ses marchés clés, surcapacités de production, concurrence massive des énergies renouvelables, chute des prix sur le marché de gros... En septembre, les ventes d’électricité ont chuté de 10 % en Italie et de 6 % en Espagne. Quant aux cours, ils sont en recul de 15 % en Allemagne.

Un an après avoir annoncé un vaste plan stratégique incluant la suppression de 11.000 postes dans le monde et la cession de 15 milliards d’euros d’actifs, E.ON se prépare à de nouvelles restructurations. « Nous examinons la fermeture de sites », a déclaré Johannes Teyssen, précisant que la liste de ventes d’actifs pourrait être allongée. La centrale à gaz de Irsching 3, en Bavière, paraît fragile. Elle n’a tourné que 87 heures depuis le début de l’année alors qu’elle devrait produire plus de 1.000 heures par an pour être rentable... Après la récente sortie du groupe de projets nucléaires en Finlande ou en Grande-Bretagne, d’autres projets sont dans le viseur.

C’est le cas du projet de centrale à charbon de Staudinger 6, près de Francfort, qui ne sera finalement pas construite. E.ON, qui a déjà annoncé la fermeture de plusieurs centrales à charbon en France, critique amèrement la politique énergétique de son pays. Celle-ci fait la part belle aux énergies renouvelables et préserve le charbon, qui profite d’un combustible bon marché et est à peine sanctionné pour ses émissions de CO2. Un aspect qui bénéficie à RWE, qui exploite des centrales à charbon en Allemagne.

L’alarme du géant de Düsseldorf contraste avec les résultats publiés ce mardi. Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe a multiplié son bénéfice net par trois par rapport à l’année dernière, à 2,7 milliards d’euros, et augmenté son chiffre d’affaires de 23 %, à 94 milliards d’euros. Les résultats de l’année précédente avaient souffert de charges exceptionnelles liées à la sortie du nucléaire.

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