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NOUVELOBS.COM | 10.08.05

Electrabel, un groupe "vache à lait"

mercredi 10 août 2005

Le groupe énergétique Electrabel est, avec un bénéfice net avoisinant le milliard d’euro en 2004, un fleuron rentable de l’industrie belge, parfois même qualifié de "vache à lait" de Suez, sa maison-mère française qui a dévoilé mardi 9 août sa volonté de prise de contrôle total.

Sur l’exercice 2004, le groupe énergétique belge a affiché un bénéfice net part du groupe (c’est-à-dire reversé à la maison-mère) de 945 millions d’euros, en baisse de 6,2% comparé au milliard engrangé un an plus tôt.

Troisième capitalisation de la bourse de Bruxelles derrière les groupes bancaires Fortis et KBC, le groupe, actuellement filiale à 50,08% de Suez, a vendu l’an dernier 145.059 GWh d’électricité et 111.858 GWh de gaz naturel.

"Quasi-monopole" en Belgique

Electrabel, régulièrement épinglé par les autorités belges et même l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour son "quasi-monopole" en Belgique, réalise l’essentiel de son activité dans le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). Le groupe, qui emploie près de 15.000 personnes dans le monde dont 12.000 au Benelux, a cependant aussi tissé sa toile dans le reste de l’Europe : en Allemagne, Italie, Pologne, Hongrie, Espagne, au Portugal ou encore en France, où il détient près de 50% de la Compagnie nationale du Rhône.

La volonté désormais affichée de Suez de racheter la totalité d’Electrabel, encore détenu à 4,65% par les communes belges et 45,27% par le public, ponctue une longue mais continue montée en puissance du français dans le groupe depuis qu’il mis la main à la fin des années 80 sur la toute puissante Société générale de Belgique, dont des pans entiers ont été cédés par la suite.

Relations apaisées

En mars 2005, le financier belge Albert Frère, qui détient lui-même 7,1% de Suez, estimait déjà que la question du rachat total d’Electrabel par sa maison-mère pouvait désormais "être posée". Six mois plus tôt, les analystes financiers avaient de leur côté senti venir l’OPA, quand Gérard Mestrallet, PDG de Suez, avait pris la tête du conseil d’administration d’Electrabel à la place de Jean-Pierre Hansen, l’un de ses proches, propulsé de son côté à la direction opérationnelle du groupe belge.

En cas de reprise totale, Suez "aurait les mains libres pour faire remonter le cash de sa filiale comme il l’entend" et les relations entre les deux entités "seraient enfin apaisées", commentait le quotidien économique belge L’Echo.

En février 2004, Electrabel avait renoncé à racheter, comme Suez le souhaitait pourtant, les actifs européens de Tractebel, pôle énergie du groupe français qui détient concrètement la participation dans Electrabel.

Suez espérait à l’origine retirer entre 2 et 3 milliards d’euros en cash de son opération de cession d’actifs entre les deux entités. La décision d’Electrabel de ne pas racheter les actifs de Tractebel avait mis un terme à des mois d’études alimentés par l’inquiétude des actionnaires minoritaires, préoccupés par le prix qui aurait été prêt à payer Electrabel, l’information qui leur aurait été fournie ou encore le degré d’indépendance du groupe sur ce dossier.

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