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La Marseillaise | Françoise Verna le 15 janvier 2007

Emplois « sucrés » dans les quartiers Nord ?

lundi 15 janvier 2007 par Françoise Verna
L’usine Saint Louis Sucre (15e) est menacée de délocalisation. Elle emploie 240 salariés. Rentable, elle fait les frais de la restructuration du marché mondial du sucre.

Depuis cinq ans, chaque salarié de l’Usine Saint-Louis Sucre de Marseille, a, en moyenne, rapporté 53.000 euros par an aux actionnaires.Spécialisée dans la production de sucres en morceaux et liquides, elle dispose, d’après sa direction, « d’un outil industriel très perfor-mant. » Pourtant, l’usine marseillaise pourrait devenir un des symboles des grandes manœuvres qui secouent l’Organisation Commune du Marché du sucre (OCM).

« Nous pensons que la volonté de la direction, qui s’appuie sur une réforme sucrière au niveau mondial, serait d’abandonner l’activité raffinerie, soit 120 salariés sur 240 », explique Monique Ottaviani (CGT 13).

Frédéric Dutoit (PCF), député-maire des 15/16, a alerté le gouvernement : « Il est envisagé de délocaliser l’activité raffinage en Bosnie Herzégovine au profit d’une spéculation immobilière à Marseille et cela avec en sus le pactole versé par le fonds de restructuration européenne ». La réponse du ministre (lire ci des-sous) n’a pas rassuré. Le directeur de l’usine marseillaise, Christophe Huguet, ne confirme pas mais n’infirme pas. « L’Union européenne a conclu un accord sucrier qui rend l’activité raffinage déficitaire. Nous étudions avec la Commis-sion économique du Comité cen-tral d’entreprise toutes les solutions possibles en termes économiques et d’emplois. Rien n’est arrêté, ni encore planifié. »

La « réforme », lancée fin 2005 par le Conseil des ministres européens de l’Agriculture, et entrée en vigueur le 1er juillet 2006, se traduit par la fin des prix garantis. Ils devraient baisser de 36% en 4 ans. En contrepartie, l’accord sucrier prévoit des compensations pour les grands groupes.

Frédéric Rostand, président de Saint Louis Sucre (SLS), précise dans son « message » lisible sur le site officiel du groupe, qu’ « à partir de 2009, la production européenne devra diminuer au profit des importations préférentielles en provenance des PMA* et vraisemblablement des ACP* ». Et de préciser : « La clé de voûte du nouveau dispositif réglementaire est le fonds de restructuration de l’industrie sucrière européenne. Il vise à indemniser les cessations de production volontaires, dans le but de concentrer les productions dans les régions les plus compétitives ». SLS est déjà installée en Silésie (Pologne). Et d’ajouter : « SLS est également raffineur permanent, et de ce point de vue, la réforme prévoit la suppression de l’aide au raffinage. »

L’attentisme du gouvernement, qui a participé à l’accord sucrier, n’en est que plus insupportable.

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