Liste des auteurs

Article de PIERRE BOCEV paru dans Le Figaro du 22 septembre 2006

En Allemagne, l’accord salarial dans l’acier ne règle pas tous les conflits

vendredi 22 septembre 2006 par Pierre Bocev
Malgré un accord tarifaire dans l’acier, les tensions couvent dans l’automobile et les chemins de fer.

L’ACIER a échappé à la grève, mais la menace d’un conflit pèse toujours sur Volkswagen, et des mouvements de protestation se dessinent du côté des chemins de fer. Sur le terrain, la rentrée sociale allemande est sensible, et les consultations entre les syndicats et le patronat sur l’avenir de la cogestion dans les entreprises semblent dans l’impasse.

L’accord sur l’acier, intervenu dans la nuit de mercredi à jeudi après dix heures de négociation entre le patronat et le puissant syndicat IG Metall, est considéré comme une bonne nouvelle. Les 85 000 salariés de l’Ouest du pays (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Basse-Saxe et Brême) ont obtenu pour les treize prochains mois une hausse de salaires de 3,8 %. Un chiffre à comparer à la revendication de 7 % d’IGM et à une offre initiale de 3,0 % des employeurs. Comme déjà la dernière fois, c’est l’octroi d’une prime spéciale qui a permis de désamorcer le conflit : 1 250 euros au titre de la « reconnaissance (des effets) de la conjoncture exceptionnelle ».

L’importance de l’accord va au-delà du règlement ponctuel du contentieux qui avait conduit au blocage de la production de quelque 40 000 tonnes d’acier. Les termes de l’entente devraient servir de modèle aux négociations qui s’ouvrent dans le même secteur en Allemagne de l’Est la semaine prochaine, et qui concernent 8 000 salariés. Mais, surtout, les conditions assez favorables arrachées par le syndicat renforcent le prestige de Detlef Wetzel, le négociateur d’IG Metall qui y brigue l’an prochain le poste de numéro deux , pour peu que son patron Jürgen Peters honore sa promesse de se retirer et de laisser la place à son adjoint Berthold Huber, jugé moins sectaire.

Hausse du temps de travailL’accord dans l’acier ne devrait en revanche guère avoir de répercussions sur les négociations entre IGM et Volkswagen qui reprennent aujourd’hui dans un climat assez conflictuel. Pour des raisons de rentabilité, le constructeur exige toujours le passage de 28,8 à 35 heures hebdomadaires sans compensation salariale dans les six usines d’Allemagne de l’Ouest. Tout en contestant ce principe, le syndicat cherche surtout des garanties d’emploi et l’octroi d’un modèle de production supplémentaire au siège historique de Wolfsburg. Faute de quoi, selon le patron du comité d’entreprise Bernd Osterloh, ce sera « la fin de la rigolade », autrement dit la rupture des négociations et la voie ouverte au conflit.

La situation à VW s’est durcie cette semaine à la suite de nouvelles exigences de la direction qui ne veut plus payer intégralement les périodes de formation et réduire la durée des pauses. Au moment où les tractations surtout idéologiques sur l’avenir du système allemand de la cogestion sont dans l’impasse (nos éditions du 31 août), le prochain conflit qui se dessine concerne les chemins de fer Deutsche Bahn et porte sur les garanties d’emploi en cas de privatisation. Une première manifestation d’avertissement a eu lieu hier à Berlin.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !