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Un article de Marie Delcas paru dans Le Monde du 28 aout 2005

En Equateur, les deux provinces grévistes obtiennent des retombées financières du pétrole

dimanche 28 août 2005 par Marie Delcas
’Equateur n’avait pas encore repris ses exportations de pétrole, vendredi 26 août, malgré l’accord intervenu la veille entre le gouvernement, les multinationales et les grévistes qui, pendant douze jours, ont paralysé l’activité pétrolière du nord-est du pays. De source officielle, la production de brut a repris et atteindrait 90 % de son niveau habituel (550 000 barils/jour). Mais, l’interruption des exportations de l’entreprise publique Petroecuador ­ qui produit normalement 210 000 barils/jours ­ pourrait encore durer plusieurs jours.

Le 14 août, les habitants des provinces amazoniennes d’Orellana et de Sucumbios étaient descendus dans la rue pour dire leur colère. Leur région, riche en pétrole, reste une des plus pauvres du pays. Les autorités locales et l’Eglise avaient largement appuyé la grève, qui s’est soldée par d’importants dégâts dans les installations pétrolières.

En déclarant que le mouvement de protestation avait été infiltré par "des activistes colombiens", le ministre de l’intérieur, Mauricio Gandara, n’a pas facilité les négociations avec les représentants des grévistes qui avaient fait le voyage à Quito. Le Congrès lui-même s’est rangé du côté des protestataires. Mercredi, il levait ­ à la majorité absolue ­ l’état de siège que le gouvernement avait décrété cinq jours plus tôt dans la région amazonienne. Les parlementaires demandaient la démission du ministre de l’intérieur.

Tendues, les négociations ont débouché, jeudi, sur un accord qui prévoit de transférer aux autorités locales une partie des impôts payés par les entreprises pétrolières (16 points de 25 % dus). Il oblige les multinationales à utiliser main-d’oeuvre et services locaux. Les compagnies pétrolières se sont également engagées à développer les infrastructures de la région, en asphaltant notamment 260 km de route.

Cet accord ne satisfait que partiellement les revendications des manifestants, qui exigeaient la renégociation des contrats pétroliers. "Nous avons obtenu un centime d’une grande puissance économique", résumait Guillermo Munoz, gouverneur de la province de Sucumbios A Caracas, le ministre des relations extérieures vénézuélien, Ali Rodriguez, a indiqué que les conditions de l’aide promise par son pays à l’Equateur n’étaient pas encore définies. Dimanche dernier, le président Hugo Chavez s’était engagé à "prêter" du brut pour que l’Equateur puisse faire face à ses engagements internationaux. Selon la ministre équatorienne de l’économie, Magdalene Barrereiro, le Venezuela aurait accepté de livrer 660 000 barils de brut à l’Equateur, qui a demandé un délai de six mois pour régler la facture. Vendredi, le ministre de l’intérieur équatorien a réitéré ses accusations, en considérant qu’il était "très probable" que la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie ait infiltré les récentes manifestations. "Il y a des rapports, mais je ne peux pas en divulguer le contenu pour ne pas gêner le travail des enquêteurs", a déclaré M. Gandara à la télévision. La gestion de la crise amazonienne ­ très critiquée ­ a fragilisé le gouvernement d’Alfredo Palacio, arrivé au pouvoir le 20 avril, après que Lucio Gutierrez eut démissionné sous la pression de la rue.

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