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PROPOS RECUEILLIS GERARD LANUX | La Marseillaise le 08.10.2008

En finir avec l’humiliation

jeudi 9 octobre 2008 par GERARD LANUX

Manifestation. Parmi les milliers de salariés qui ont défilé hier à Marseille, toutes branches confondues, ces salariés du privé étaient aux côtés de ceux du public. Tous unis pour leurs droits légitimes, face à l’arrogance et au mépris.

« Bien sûr, il y a les problèmes de salaires, disent d’une même voix Joël et Maurice. Mais chez Renault, c’est aussi la grande casse, des suppressions d’emplois partout. Chez Renault Michelet, nous avons déjà perdu 200 emplois, avec tout ce que cela comporte de drames… Un mépris de l’être humain qui fait froid dans le dos. Et je crois, ajoute Maurice, que c’est ce qui me motive le plus pour être dans la rue aujourd’hui. Cette négation de l’être humain qui nous renvoie aux périodes les plus obscures de notre histoire… »

Ils étaient bien là, les métallos et ceux de la pétrochimie, les ouvriers du bâtiment et les employés de la grande distribution. Tous conscients que le droit à un travail digne concerne les gens d’ici comme ceux d’ailleurs. « Savez-vous d’où vient le thé que vous mettez chaque matin dans votre tasse, interroge Olivier Leberquier, délégué CGT de la Fralib ? Du Kenya. Et la Fralib, c’est le groupe Unilever qui exploite à tours de bras les producteurs de ce pays et de bien d’autres contrées encore. Et, toutes proportions gardées, nous sommes logés à la même enseigne que les agriculteurs kenyans : des salaires minables et une charge de travail insupportable. » Les salaires minables, ceux de l’entreprise de construction La Nive/Bonna Sabla, à Rousset, qui sont en grève depuis le 11 septembre, les connaissent bien : « Avec plus de trente ans d’ancienneté, dit Michel, on ne peut prétendre à plus de 1 200 euros et alors que les bénéfices du site sont énormes, la direction nous consent 10 euros brut d’augmentation par mois ! Une honte ! »

Même son de cloche dans la grande distribution. Toutes enseignes confondues, tous les salariés des grandes surfaces se plaignent de l’inhumanité des conditions de travail : « Nous sommes les nouveaux prolétaires, soumis à des horaires insupportables, clame Smail, avec tout ce que cela comporte comme difficultés quotidiennes, à commencer par l’accès au logement… »

Bien présents encore, celles et ceux du bassin de Fos-sur-Mer. Dans la pétrochimie ou la métallurgie, si les salariés des grandes boîtes revendiquent des salaires et des conditions de travail dignes de ce nom, ils n’en oublient pas pour autant leurs camarades des entreprises sous traitantes « pour qui l’humiliation est encore plus grande. Les 35 heures, ils les attendent toujours, dit ce salarié d’Arcelor Mittal. Taillables et corvéables à merci, telle est la réalité de leur condition ». Comme les ouvriers et employés des pays du Tiers Monde dont, dans bien des têtes, ceux d’ici étaient aux côtés tout au long de cette journée mondiale de revendication et de solidarité.

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