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Article de Marie Jégo paru dans Le Monde du 20 septembre 2006

En partie privé, Rosneft multiplie les investissements

mercredi 20 septembre 2006 par Marie Jégo

Numéro deux du secteur pétrolier russe derrière Loukoil, Rosneft, détenu à 85 % par l’Etat (15 % ont été mis en Bourse en juillet), devrait être "entièrement privatisé d’ici trois à dix ans", a annoncé, dimanche 17 septembre, Igor Chouvalov, conseiller de Vladimir Poutine.

L’entreprise qui a vu sa production de pétrole augmenter de 7,8 % depuis janvier veut moderniser ses infrastructures. Elle veut investir plus de 2 milliards de dollars (1,57 milliard d’euros) pour augmenter ses capacités de raffinage, de stockage et de transbordement de sa raffinerie et de son terminal de Tuapse, sur les bords de la mer Noire. "C’est la seule raffinerie de Russie située à proximité d’un port. Aussi nous avons décidé de la reconstruire et de tripler sa capacité", a expliqué Alexandre Sapronov, vice-président.

Selon ce projet, la raffinerie de Tuapse traitera, vers 2010, 12 millions de tonnes de pétrole au lieu des 5 millions actuels. Un nouveau terminal sera construit en eaux profondes, ce qui augmentera de 70 % la capacité d’exportation des produits pétroliers.

Depuis l’acquisition, en 2004, de Iougansknefetegaz - l’unité principale de production de Ioukos, démantelée sur ordre du Kremlin et placée depuis en faillite judiciaire -, Rosneft a pris une autre envergure. Sa production est estimée à 1,65 million de barils par jour (b/j). Mais avec deux raffineries seulement (celle de Tuapse et celle de Komsomolsk, en Sibérie orientale), sa capacité de raffinage est faible (220 000 b/j).

UN PROJET D’OLÉODUC RELANCÉ

Directeur de la société qui gère le terminal, Alexandre Iarovenko ne peut que se féliciter de la modernisation à venir de l’entreprise qu’il dirige depuis l’époque soviétique. Il rêve du jour où l’oléoduc censé relier le port de Bourgas (Bulgarie, mer Noire) à celui d’Alexandroupolis (Grèce, mer Egée) sera construit.

En négociation depuis treize ans, le tube, long de 280 km, acheminerait le brut de la Caspienne vers l’Europe de l’Ouest, en contournant les détroits turcs saturés. "Le détroit du Bosphore est engorgé. Nos tankers, chargés de produits pétroliers, ont dû attendre jusqu’à un mois cet été pour pouvoir passer." "Si l’oléoduc est construit, ils ne traverseront plus le Bosphore. Ils iront à Burgas et nos bateaux passeront mieux", explique M. Iarovenko.

Lors de la visite en Grèce du chef de l’Etat russe il y a deux semaines, le projet d’oléoduc a été relancé. Prévu pour transporter jusqu’à 35 millions de tonnes de pétrole par an, il permettrait à la Russie de conserver la haute main sur l’acheminement d’une partie du brut de la Caspienne, tandis que le nouvel oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui contourne la Russie, commence à fonctionner.

Trouver de nouvelles voies pour l’acheminement du pétrole est un enjeu crucial pour le pays. Si la production de brut a atteint 9,5 millions de b/j en 2005, l’exportation stagne à 3,7 millions de b/j.

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