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Article de Frédaric Le Maunicault paru dans Le Figaro le 12 décembre 2006

Endesa, le discret challenger d’EDF et de Suez en France

mardi 12 décembre 2006 par Frédéric de Monicault
Plus que jamais l’électricien espagnol veut s’appuyer sur la Snet pour conforter sa place de numéro trois du marché de l’électricité en France.

CONTRAIREMENT aux apparences, le paysage énergétique français ne se limite pas au formidable parcours boursier d’EDF ou à la volonté de Suez et Gaz de France de constituer un autre géant du secteur. Présent en France depuis cinq ans grâce à la Société nationale d’électricité et de thermique (Snet), l’espagnol Endesa veut tout simplement devenir un challenger de poids.

Hier, une étape importante a été franchie sur le plan symbolique : l’officialisation pour la Snet de sa nouvelle signature commerciale, Endesa France. L’occasion aussi de confirmer une série d’objectifs ambitieux : la construction de 2 000 MW de centrales à cycle combiné gaz, un investissement de 200 millions d’euros dans l’éolien (pour un minimum de 200 MW), un projet de terminal méthanier à Bordeaux, un autre de centrale au Havre... « Même si nous disposons déjà d’un beau portefeuille de clients en France, nous considérons la France comme une zone géographique prioritaire dans le cadre de notre expansion européenne », souligne Jésus Olmos, directeur général d’Endesa Europe. Parmi ses plus beaux faits d’armes, la Snet, au printemps dernier, a ravi à EDF un très gros contrat avec la SNCF : il porte sur la fourniture totale de 6,6 TWh pendant cinq ans, de 2007 à 2011, soit l’équivalent de la consommation d’une ville comme Metz. À comparer aux fournitures totales de la Snet, qui a vendu 16,3 TWh en 2005.

Charbon importé

En dépit de plusieurs implantations, le coeur industriel de la Snet bat dans l’Est de la France, à la centrale Emile Huchet à Saint-Avold, d’une puissance de 1 086 MW. Longtemps propriété de Charbonnages de France (CDF), le site fonctionnait avec le charbon extrait un peu plus loin. Avant que le gisement lorrain ne s’épuise et que l’usine n’importe du charbon de plusieurs endroits du monde. Aujourd’hui, CDF conserve une participation dans la Snet (16,25 %), de même qu’EDF (18,75 %). Endesa, qui contrôle 65 % du capital, s’est déjà dit preneur auprès du gouvernement des 35 % restants. Mais celui-ci, avant de se prononcer, attend de connaître l’issue de l’OPA de l’allemand E.ON sur Endesa. Une bataille qui dure depuis plusieurs mois et dont l’épilogue est toujours incertain. À la Snet, on est toutefois habitué aux hésitations : pendant un temps, Gaz de France s’était engagé à devenir le partenaire d’Endesa en rachetant les 35 %. Mais il avait finalement renoncé.

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