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Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab paru dans L’Humanité du 4 mai 2006

Energie : « La libéralisation conforte la hausse des prix »

jeudi 4 mai 2006 par Pierre-Henri Lab, Éric Roulot
Énergie . La CGT réclame un bilan de l’ouverture à la concurrence. Entretien avec Éric Roulot, responsable de la commission économique.

Vous organisez ce matin un rassemblement à Paris contre l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie au 1er juillet 2007. Pourquoi ?

Éric Roulot. Avec l’évolution des tarifs du gaz, on mesure déjà les effets de l’ouverture du marché de l’énergie. La dernière augmentation de 5,8 % porte à 20 % en un an la hausse du prix du gaz. Les dirigeants de GDF présentent cela comme la conséquence d’une hausse des coûts d’approvisionnement. Cette explication ne nous satisfait que très partiellement. La direction reste sourde à la demande d’une réunion extraordinaire du conseil d’administration sur les causes réelles de ces augmentations. Ce refus de transparence nous conforte dans l’idée que la hausse des prix vise essentiellement à alimenter les dividendes des actionnaires. En 2005, le bénéfice de Gaz de France a ainsi progressé de 1 milliard d’euros.

L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie va conforter la tendance à la hausse des prix. En Europe, le prix de l’électricité est indexé sur celui du pétrole et du gaz car ce sont là les deux énergies primaires utilisées pour produire de l’électricité. En France, la situation est différente. L’essentiel de la production électrique est nucléaire. L’ouverture à la concurrence va conduire à l’alignement des tarifs français sur les prix du marché européen. Et cela pour le seul bénéfice des actionnaires.

Pourquoi réclamez-vous un bilan de l’ouverture du marché de l’énergie ?

Éric Roulot. Les ministres des Finances et de l’Industrie, Thierry Breton et François Loos, viennent de demander au président du Conseil supérieur du gaz et de l’électricité (CSGE) d’engager une concertation afin de préparer l’ouverture totale des marchés de l’énergie prévue au 1er juillet 2007. L’enclenchement de cette concertation intervient alors que le bilan national de la libéralisation du secteur de l’énergie, promis par Thierry Breton en début d’année, n’a pas été réalisé. Ce bilan était également un engagement pris à l’issue du sommet de Barcelone en 2002. Dans l’esprit de l’époque, il devait obligatoirement être réalisé avant le franchissement de toute nouvelle étape supplémentaire dans l’ouverture à la concurrence. Et s’il s’avérait négatif alors le processus de libéralisation devait être stoppé. Le gouvernement refuse d’établir ce bilan car il craint que celui-ci ne conduise à une remise en cause de l’ouverture à la concurrence.

Le bilan est donc négatif ?

Éric Roulot. Les prix des marchés privés déréglementés sont beaucoup plus élevés que les tarifs administrés par l’État. En France le tarif de l’électricité fixé par l’État est facturé 31 ( le MW/h aux clients alors que les prix du marché libéralisé frôlent les 50 (. Les gros industriels qui ont fait le choix de quitter les tarifs administrés ont eu à supporter une augmentation de 30 % par an.

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