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Frédéric De Monicault | le Figaro le 10.03.2008

Énergie : alliances sous haute tension

lundi 10 mars 2008 par Frédéric de Monicault

Les électriciens et gaziers européens tablent sur une libéralisation des marchés stratégiques de l’énergie.

Tous les grands groupes étudient des acquisitions mais savent combien elles sont difficiles à réaliser.

Dans l’énergie, il n’y a pas que les compagnies pétrolières qui ont dégagé des profits substantiels en 2007. La plupart des électriciens et gaziers européens (EDF, E.ON, Suez, Iberdrola, GAZ DE FRANCE…) en ont fait autant. Même si, inflation du baril en moins, la profitabilité de ces groupes demeure à distance respectable de celle des « majors » de l’or noir.

Les marchés financiers n’ont pas toujours salué ces énergéticiens européens. Par exemple, EDF a perdu près de 10% le jour de la publication de ses résultats. La Bourse de Paris jugeant que l’annonce d’un résultat net 2008 qui « ne devrait pas progresser » reflétait une trop grande frilosité. De même, en Allemagne, les objectifs jugés excessivement prudents de RWE malgré l’ambition affichée d’une hausse annuelle de 5% du bénéfice opérationnel jusqu’en 2012 , ont été sanctionnés.

Est-ce à dire, à l’heure où les prix du gaz et de l’électricité continuent à grimper, que les analystes attendent monts et merveilles de tous les énergéticiens du Vieux Continent ? En tout cas, la plupart jugent qu’ils disposent d’un trésor de guerre susceptible de permettre de lancer des opérations d’envergure.

Mais c’est là où précisément le bât blesse. Si tous ces groupes reconnaissent plus ou moins officiellement , étudier des acquisitions, ils font aussitôt preuve de prudence en soulignant que ces opérations éventuelles sont soumises à l’approbation des États concernés. Ainsi Pierre Gadonneix, le président d’EDF, a fini par reconnaître sans ambages son intérêt pour l’espagnol Iberdrola, précisant qu’il fallait que le groupe français soit « le bienvenu » avant de déclencher quoi que ce soit.

Susceptibilités nationales

Quant à Wulf Bernotat, le président du géant allemand E.ON, il a dit garder « toutes les options ouvertes » malgré l’échec, après une bataille de plusieurs mois de l’OPA sur un autre espagnol, Endesa tout en souhaitant un « marché européen de l’énergie plus libéral ». Bref, tous les dirigeants ont appris à compter avec un protectionnisme particulièrement virulent en matière d’énergie.

Ce réflexe qui a encore conduit cette semaine Joan Clos, le ministre espagnol de l’Industrie, à déclarer que si EDF envisageait une offre sur Iberdrola, cette proposition devait être amicale. Le même Iberdrola ayant surfé sur le bond de 41,8% de son bénéfice net en 2007 a ainsi affirmé être « déjà un géant du secteur », avoir un bilan sain qui « lui permettra de financer ses investissements » et être « en mesure de créer de la valeur en restant seul ».

Face à cette levée de boucliers, certains énergéticiens préfèrent donc s’éloigner un peu pour monter des opérations. Comme l’italien Enel qui a annoncé avant-hier détenir 59,8% du producteur d’électricité russe OGK-5, dont il détenait déjà 37,1%. Montant de cette prise de participation supplémentaire : près d’un milliard d’euros. Quant au spécialiste russe du négoce d’électricité Inter Rao, son président a évoqué des discussions avec EDF dans le cadre d’un éventuel échange d’actifs. De nouveaux horizons s’ouvrent donc. .

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