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Fabrice Nodé-Langlois | Le figaro du 18.10.2011

Énergie : l’investissement mondial risque de manquer

jeudi 20 octobre 2011 par FABRICE NODÉ-LANGLOIS
Plus de 1500 milliards de dollars d’investissements annuels sont nécessaires d’ici à 2035 pour satisfaire la demande mondiale d’énergie selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’AIE a revu à la hausse de 15% sa prévision annuelle pour les besoins d’investissements dans l’énergie. Plus de 1500 milliards de dollars (1095 milliards d’euros) seront nécessaires chaque année pendant vingt-cinq ans soit 38.000 milliards de dollars d’ici 2025 ou 27.700 milliards d’euros - pour satisfaire la demande mondiale d’énergie tout en respectant les objectifs de la lutte contre le changement climatique. Fatih Birol, le très écouté économiste en chef de l’AIE a dévoilé ce chiffre à l’occasion de la conférence ministérielle des vingt-huit États membres de l’Agence, qui s’est ouverte mardi à Paris, pour deux jours.

Les hydrocarbures deviennent de plus en plus chers à extraire tandis que les renouvelables sont encore onéreux, explique l’AIE. Les capitaux seront-ils au rendez-vous des besoins ? Fatih Birol est inquiet sur deux points.

Pour le pétrole (26% des besoins d’investissements soit 10.000 milliards de dollars), « 90% de la croissance de la production viendra du Moyen-Orient. Si dans les cinq ans, les investissements dans les infrastructures ne sont pas au rendez-vous dans cette région, les implications seront majeures pour les prix du pétrole qui s’envoleront », avertit le Dr Birol.

Deuxième source d’inquiétude : l’électricité. « Plus de 1,3 milliard d’humains n’ont toujours pas le courant », a rappelé l’expert. Environ 9 milliards de dollars sont investis chaque année », pour l’accès à l’électricité pour les plus démunis. « Or il faudrait cinq fois plus, 45 milliards de dollars, surtout en Afrique et en Asie ».

« Les gouvernements agissent sans se parler » Pour Fulvio Conti, le PDG de l’électricien italien Enel, présent à Paris pour la rencontre entre industriels et ministres, ces investissements ne seront possibles que si la réglementation est « claire et stable », compatible avec l’échelle de temps de l’industrie énergétique qui est longue. « Malheureusement, a déploré le patron italien, les gouvernements agissent seuls, sans se parler. Il y a des règles asymétriques. C’est pour cela que nous, industriels, avons élevé la voix », lors de la conférence ministérielle des vingt-huit États membres de l’AIE.

En contraste, José Sergio Gabrielli de Azevedo, le PDG du pétrolier national brésilien Petrobras, affiche un bel optimisme. Sa compagnie va investir à elle seule 224 milliards de dollars dans les quatre ans. Le Brésil mise sur la croissance de ses gisements « présalifères » enfouis sous l’Atlantique pour porter sa production à 5 millions de barils par jour (Mbj) en 2020 la moitié de la production saoudienne contre 2 Mbj aujourd’hui. Tout sourire, le Brésilien, incarnation des pays émergents, l’affirme en balayant les craintes d’une récession : « l’avenir est radieux ».

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