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Un article de Guillaume Carré paru dans L’Humanité du 28 avril 2006

Énergie : la note salée de la libéralisation

vendredi 28 avril 2006 par Guillaume Carré

Alors que du point de vue des institutions européennes la Hongrie figure parmi les « bons élèves » en termes de démantèlement des services publics, alors que l’État hongrois s’est presque totalement désengagé du secteur de l’énergie au profit des entreprises privées, l’Union européenne exige à présent, au nom du libre marché, que ce nouvel État membre renonce aux quelques garde-fous qui lui permettaient de protéger ses consommateurs les plus vulnérables et de garder un certain contrôle sur ce secteur vital pour son économie.

En matière de libéralisation, la Hongrie a joué le rôle de premier de la classe, énervant d’autant plus les « moins bons », qu’elle a fait tous ses devoirs avant même qu’il le lui soit demandé. Devançant les demandes de l’UE, Budapest a entamé en effet, au milieu des années quatre-vingt-dix, le démantèlement systématique du secteur étatisé du gaz et de l’électricité. En ce qui concerne l’électricité, la partie production de l’énergie est passée totalement aux mains du privé, à l’exception notable de Paks, l’unique centrale nucléaire hongroise. À l’autre bout de la chaîne, six compagnies privées de distribution de l’électricité se partagent le territoire.

L’État hongrois tente bien d’expliquer qu’il reste actionnaire à hauteur de 1 % des sociétés de production d’électricité, mais il n’est pas très crédible quand il affirme que la détention de cette action spécifique lui donne un droit de regard sur les activités. Il argue aussi qu’un système dit hybride force encore les producteurs (par le biais de contrats à long terme signés dans les années quatre-vingt-dix) à vendre à MVM, fournisseur encore sous contrôle public. Enfin, il se défend que les consommateurs restent protégés par l’Office hongrois à l’énergie qui peut encore contrôler les prix à la distribution au grand public, l’État subventionnant encore en partie la consommation des particuliers.

Mais si les hausses sont déjà sensibles, plus rien de tout cela n’existera l’an prochain. Et la pilule risque d’être particulièrement amer, en juillet 2007, moment où le marché doit être totalement libéralisé pour les particuliers dans toute l’UE. À la demande de la Commission, la Hongrie devra alors supprimer « l’action spécifique de 1 % », ainsi que le système hybride et les subventions à la consommation.

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