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Un article paru dans le Figaro du 27 avril 2005

Energie nucléaire : L’Allemagne ferme le site d’Obrigheim

mercredi 27 avril 2005

Elle était devenue le symbole du débat sur le nucléaire en Allemagne. Au terme de trente-sept ans d’activité, la plus ancienne centrale nucléaire du pays, située à Obrigheim, dans le Bade-Wurtemberg (ouest de l’Allemagne), cessera de fonctionner la semaine prochaine. Il restera dix-sept centrales outre-Rhin, sans compter celles que gère l’Allemagne à l’étranger, notamment en Pologne.

Après Mülheim-Kärlich en 2000 et Stade en 2003, Obrigheim sera le troisième site à fermer ses portes et à engager un peu plus l’Allemagne vers la sortie du nucléaire. En 2001, le gouvernement Schröder avait signé un accord avec les principaux groupes industriels énergétiques prévoyant la fermeture de toutes les centrales au plus tard en 2021.

Cette fermeture, qui coïncide par hasard avec le dix-neuvième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, constitue une nouvelle victoire pour les Verts. Ces derniers ont d’ailleurs célébré l’événement dès lundi en présence du ministre de l’Environnement, Jürgen Trittin. « Faut-il encore dire quelque chose sur la nécessité de la sortie du nucléaire ? » demandait avec satisfaction le ministre. Pendant plusieurs années, opposants et promoteurs s’étaient affrontés sur le sort d’Obrigheim.

Les Verts dénonçaient la vulnérabilité de la centrale en cas d’attaque aérienne et fustigeaient la façon dont avaient été accordés les permis d’exploitation. Ces derniers ont finalement obtenu gain de cause au grand dam du village d’Obrigheim, dont le maire, Roland Lauer (CDU), s’est efforcé en vain d’empêcher la fermeture. La mise à l’arrêt de la centrale signifie 2 millions euros d’impôts en moins dans les caisses de la commune et, à long terme, plusieurs centaines d’emplois sur la sellette. « C’est une conséquence douloureuse de l’accord signé en 2001 par le gouvernement et les grands groupes énergétiques », souligne Thomas Hartkopf, membre du directoire d’Energie Bade-Wurtemberg AG, qui exploite le site d’Obrigheim. « La fermeture n’est motivée ni par des raisons de sécurité, ni par des raisons économiques », a renchéri hier le gouvernement du Bade-Wurtemberg dans la Frankfurter Rundschau.

Le processus de sortie du nucléaire pourrait néanmoins être stoppé ou du moins freiné à la faveur d’un éventuel retour au pouvoir de l’opposition chrétienne démocrate (CDU-CSU) en 2006. Cette dernière ne fait en effet pas mystère de ses projets dans ce domaine. « Sans un prolongement de l’utilisation de l’énergie nucléaire, l’Allemagne ne pourra pas atteindre ses objectifs en matière de protection du climat », expliquait récemment Peter Paziorek, député CDU au Bundestag. Selon l’opposition, le coût et le niveau technique de développement des énergies renouvelables ne permettront pas de remplacer d’ici à 2021 l’énergie nucléaire.

Le gouvernement allemand s’est engagé dans le cadre du traité de Kyoto à diminuer de 21% par rapport à 1990 ses émissions de gaz d’ici à 2008-2012. Pour parvenir à ce double objectif, Berlin veut doper les énergies renouvelables - elles devraient représenter 20% en 2020 et augmenter la rentabilité des centrales électriques.

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