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L’Humanité le 1er février 2007 | Vincent Defait

Énergies renouvelables : le soleil, le vent et... leurs caprices

vendredi 2 février 2007 par Vincent Defait
En théorie, les éléments naturels peuvent fournir de l’énergie à l’infini. En pratique, leur exploitation s’avère plus difficile.

La situation

Dans le monde, les énergies renouvelables restent marginales, écrasées par la part énorme des hydrocarbures et, en moindre proportion, par le nucléaire. Promues lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979, elles suscitent à nouveau de l’intérêt, alors que s’affirme le réchauffement climatique. Et pour cause, exploiter le vent, l’eau ou le soleil présente l’immense avantage de ne pas émettre de gaz à effet de serre.

Pour l’heure, en Europe, la France fait bonne figure avec une position de leader dans l’hydraulique et la biomasse. Mais l’Hexagone reste à la traîne concernant l’éolien et le solaire. Il n’en demeure pas moins qu’en 2005 quelque 10,4 % des 550 térawattheures (550 mille milliards de wattheures) d’énergie électrique française étaient produits à partir des renouvelables.

De son côté, l’Union européenne projette que 21 % de l’électricité consommée en 2010 soit produite à partir des énergies renouvelables. Un objectif que l’on sait d’ores et déjà hors d’atteinte.

Les perspectives

Pour chacune des ressources, la palette des techniques est vaste. Les promesses de développement aussi.

Ressource reine des renouvelables, l’hydraulique possède un gros potentiel de développement dans les pays en développement, encore sous-équipés. Les barrages permettent aussi de stocker l’énergie électrique non utilisée, ce qui n’est pas négligeable du fait de la variation de la consommation. Un pays comme le Mali, par exemple, tire l’essentiel de son énergie de l’hydraulique.

Comme l’eau, la biomasse peut être dédiée à d’autres domaines que la production d’électricité. Aux transports, par exemple, pour lesquels elle diminue la consommation d’hydrocarbures. Concernant l’éolien, les promesses de développement sont nombreuses. En France, les projections du Syndicat des énergies renouvelables prédisent une montée en puissance jusqu’en 2010.

Le solaire : potentiellement, c’est l’énergie renouvelable qui a le plus d’avenir. Le continent africain, particulièrement bien doté en soleil, mais sous-équipé en réseaux électriques, pourrait bénéficier de ce type de ressources locales. De même en Méditerranée et dans une large partie de l’Amérique et de l’Asie.

D’un point de vue économique, le recours à ces énergies pourrait créer nombre de nouveaux emplois.

Les limites

En Europe, l’hydraulique arrive à saturation. Ce qui n’est pas le cas de la biomasse, encore sous-utilisée. Mais remplacer le pétrole par des carburants biologiques est infaisable . D’abord parce que nous ne disposons pas assez de surfaces à cultiver. Ensuite parce que cela induirait une production intensive... qui annulerait les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Quant à l’éolien, l’intermittence de sa production ne lui assure qu’un avenir limité. Logique : sans vent, pas d’électricité ; trop de vent, les palmes se bloquent, par sécurité. À quoi s’ajoute le problème de la place et de l’acceptation sociale. Le solaire est à peine mieux loti. Les matériaux nécessaires à son exploitation sont coûteux.

Au final, l’usage des énergies renouvelables doit se concevoir dans un « mix énergique » comprenant le nucléaire, et dans une perspective de réduction de la consommation en énergie.

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