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JEAN-MARC PETIT | La voix du nord le 13.04.2012

Et si le « charbon propre » des terrils avait encore un avenir dans notre région ?

vendredi 13 avril 2012 par JEAN-MARC PETIT
Faire de la production électrique à partir du « charbon propre » issu des cendres de terrils. Telle est la proposition de la coordination régionale Mines-Énergie CGT qui souhaite voir se créer à Bouchain, près de Denain, une centrale test fonctionnant sur le principe de l’oxy-combustion.

Il y a tout d’abord le constat : du pétrole, nous n’en avons plus que pour 40 ans, mais de plus en plus inaccessible, du gaz pour 70 ans, et du charbon pour 170 ans.

Les énergies renouvelables, par définition inépuisables, ne représentent actuellement que 12,8 % de la production électrique française. Quant au drame de Fukushima, il nous rappelle que l’avenir de l’homme ne réside vraisemblablement pas dans le nucléaire.

En attendant que la recherche nous apporte d’autres modes de production électrique et que nos modes de vie et de consommation changent, le mix énergétique s’impose donc. Des compétences

« Nous ne pouvons ignorer les ressources énergétiques que nous avons à notre portée, s’enflamme Didier Delaporte, responsable de la coordination régionale Nord - Pas-de-Calais - Picardie des syndicats de la FNME (Mines-Énergies) CGT. C’est pour cela que le charbon a de l’avenir. »

Le charbon ? Celui-là même qui a fait vivre notre région pendant 150 ans, et dont 6 millions de tonnes, sous forme maigre, s’amoncellent encore dans nos terrils. « Nous avons là une importante réserve de combustible, pour les 25 ans à venir, sans parler des centaines de terrils que compte la Belgique. »

La CGT Mines-Énergie propose donc la création, dans l’est de la région, d’une centrale électrique test, appelée démonstrateur, fonctionnant sur le principe de l’oxy-combustion qui utilise des combustibles peu coûteux comme les résidus de terrils et permet de faire du captage de CO2, le point noir habituel des centrales charbon. Une technologie sur laquelle travaillent déjà des chercheurs de l’École des Mines de Douai, de l’Université du Littoral et de l’Université de Mons en Belgique.

Cette centrale pourrait fonctionner sur le site actuel de celle de Bouchain, qui devait fermer en 2015, mais est finalement appelée à devenir, via 400 millions d’euros d’investissements, la vitrine d’EDF en matière de centrale thermique combiné-gaz.

Pour la CGT Mines-Énergie, il est dommage d’abandonner les compétences « charbonnières » du site, tant techniques qu’humaines. Des compétences que l’on retrouve également dans la centrale proche d’Hornaing dont l’avenir est beaucoup plus incertain, son propriétaire, le groupe allemand E.ON, cherchant à s’en débarrasser. Mais Hornaing est la seule « tranche thermique à flamme » en France qui utilise déjà les terrils comme combustible.

La CGT appelle donc à l’organisation rapide d’une table ronde pour présenter et étudier ce projet de centrale test, prélude à un pôle public énergétique régional qu’elle appelle de ses voeux.

Si la Région y prête une oreille attentive, reste à convaincre EDF, pour qui la perspective d’un retour au charbon paraît en revanche assez fumeux... •

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