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Sébastien Crépel | L’Humanité du 8 mars 2007

États généraux du service public : pour quoi faire ?

jeudi 8 mars 2007 par Sébastien Crépel
Rendez-vous samedi à Paris pour les défenseurs du service public, à l’initiative de Convergence nationale.

Rappel des faits : Guéret, 5 mars 2005.

Plus de 6 000 personnes se rassemblent dans la ville préfecture de la Creuse pour la première grande manifestation nationale pour la sauvegarde et le développement des services publics. Un tournant dans la campagne référendaire qui mènera à la victoire du « non », en mai. Ce succès entraîne la création de la Convergence nationale des collectifs qui essaiment pour résister et reconquérir l’espace attaqué par la marchandisation et la libéralisation. Cette fédération ambitionne ainsi d’unifier et de globaliser les luttes pour les différents services publics en un mouvement de reconquête d’un service public démocratisé comme choix de société, souligne son président, Bernard Defaix. Samedi, elle organise les états généraux du service public à Paris, où un manifeste sera lancé.

Le service public, enjeu du débat électoral ?

Le service public est omniprésent en toile de fond de l’actualité, rappelle Bernard Defaix. Logement (avec le droit opposable), énergie, transports, aménagement du territoire avec les délocalisations qui relancent le débat sur le rôle des politiques et les outils d’intervention... Il irrigue les débats et se situe au carrefour de tous les choix politiques. Les candidats savent qu’une partie de la campagne se joue là. Le ministre Christian Estrosi, bras droit de Nicolas Sarkozy, se déplace dans le Lot et la Creuse, lieux de lutte pour les services publics. L’ambition politique des états généraux est clairement revendiquée, même si la fédération n’entend s’engager derrière aucun candidat. Organisés en pleine période électorale, ils visent à rendre la problématique du service public incontournable dans la campagne. Si Bernard Defaix relève que cette préoccupation est très présente à gauche, notamment dans les campagnes des candidats issus du courant antilibéral, le service public revendique d’être considéré comme un véritable « enjeu central de société », plaide-t-il.

Quels dangers pèsent sur les services publics ?

Pendant la campagne, pas de trêve pour les coups portés contre les services publics, ni pour les luttes qui s’y opposent. GDF est toujours menacé d’être englouti par Suez. La ligne SNCF Rodez-Paris est en grand danger. Des bureaux de poste sont sous le coup de projets de fermeture, frappant les communes rurales et les quartiers urbains déshérités. Des maternités ou des hôpitaux de proximité sont menacés, comme dans le Vaucluse... Des faits qui illustrent la duplicité du discours gouvernemental mis sous pression par les résistances à la casse. « Les luttes ont permis une prise de conscience du service public en tant que problématique globale. Elles ont favorisé les dynamiques unitaires et interprofessionnelles, se félicite Bernard Defaix. Mais le gouvernement a bougé en trompe-l’oeil... » Celui-ci a décrété un moratoire sur les fermetures et convoqué une conférence nationale des services publics ruraux. Mais sous le ministère de Sarkozy, derrière les promesses de « concertation large et directe » et l’élaboration d’une charte des services publics ruraux, le cap a été maintenu et les préfets priés de ne pas « céder à l’immobilisme ». À Aurillac, le 30 juin 2005, le ministre précisait : « Nous devons en premier lieu cesser de considérer que les services publics doivent systématiquement et immuablement être confiés à des organismes publics, faisant appel à des emplois statutaires. » Il proposait de « réorienter (les) moyens vers des services qui rencontrent une demande en forte croissance comme les services de transports, de soins, ou les services à la personne »... au détriment des autres.

Qui sera aux états généraux ?

Avant le prochain rendez-vous de Firmi, dans l’Aveyron, pour une grande fête des services publics, le 31 mars, les états généraux seront l’occasion de retrouver représentants et élus des forces politiques, responsables syndicaux et militants associatifs, unis dans la fédé- - ration Convergence. Toute la gauche enverra des représentants. André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, y assistera au nom de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), qu’il préside. Quant aux candidats de droite, interpellés par la fédération (sauf ceux d’extrême droite), ils n’ont à ce jour pas réagi.

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