Liste des auteurs

un article de Jean-Pierre Robin paru dans le Figaro du 29 janvier 2005

FORUM DE DAVOS : Schröder veut repousser l’âge de la retraite

samedi 29 janvier 2005 par Jean-Pierre Robin

Les premiers ministres qui viennent au Forum économique mondial doivent avoir une mentalité de VRP. Gerhard Schröder, le chancelier allemand, a parfaitement rempli cette mission hier. Il a souligné à plaisir la puissance de l’économie allemande « dont les exportations représentent 10% du commerce mondial » tout en présentant son pays comme une ambitieuse terre de réformes.

« Il n’est pas exclu que l’on doive reporter au-delà de 65 ans l’âge du départ à la retraite à partir de 2010 », a-t-il lancé au public composé en majorité de chefs d’entreprise, montrant ainsi sa détermination. Il n’a pas manqué de rappeler que l’Allemagne, du fait de la réunification, se devait chaque année de transférer 4% de son PIB au profit des Länder de l’Est. Moyennant quoi, a-t-il expliqué, le « processus de réformes » de la protection sociale et du marché du travail visent à répondre aux défis simultanés de la mondialisation et du vieillissement démographique.

L’ensemble des adaptations apportées au système de retraite et de l’assurance-maladie se conçoivent comme un redéploiement global des ressources pour rendre le site allemand plus compétitif. Le chancelier a cité, comme autant de gages de réussite, l’importance des dépenses de recherche & développement (2,5% du PIB) et le fait que le « made in Germany » n’a cessé d’accroître sa part du marché mondial ces dernières années.

Cette défense pro domo a pourtant connu une anicroche. Elle est venue du patron du groupe pharmaceutique suisse Novartis, Daniel Vasella, chargé de dialoguer avec le chancelier. Le hasard, ou la malice des organisateurs du Forum, avait bien fait les choses. « L’Allemagne entend-elle toujours avoir une industrie pharmaceutique novatrice ? » La question, en apparence très générale, visait les changements qui vont intervenir à la fin de ce mois dans le remboursement des médicaments et qui inciteront les malades à privilégier les génériques.

L’économie attendue pour l’assurance-maladie est estimée à un milliard d’euros par an. Faisant référence aux accusations du groupe américain Pfizer de violer les règles du commerce international, Schröder a fait cette réponse : « Nous ne nous en prenons nullement aux médicaments protégés par un brevet. Ce que je dis aux gens de Pfizer qui sont ici, c’est que nous voulons être sûrs que les caisses maladie ne seront pas obligées de rembourser les médicaments les plus chers. Le patient prendra la différence à sa charge. » A Davos, les dialogues peuvent être musclés.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !