Liste des auteurs

LEMONDE.FR avec AFP | 20.04.08

Face à l’extension du mouvement des salariés sans papiers, M. Bertrand veut des réponses au "cas par cas"

lundi 21 avril 2008

Désigné par la CGT et l’association Droits Devant ! "seul et unique interlocuteur" dans le dossier des travailleurs sans-papiers en grève depuis le 15 avril, le ministre du travail Xavier Bertrand a refusé, dimanche 20 avril sur Canal+, d’évoquer une quelconque régularisation massive.

"Il y a des textes qui existent aujourd’hui, ces textes sont issus de la loi Hortefeux", a fait valoir M. Bertrand, renvoyant aux préfets l’examen "au cas par cas" de la situation des salariés en grève. Toutefois, a-t-il précisé, les préfets pourraient être amenés à "faire du sur-mesure, en regardant quels sont les métiers en tension, les métiers dans lesquels on ne trouve pas du personnel à embaucher et de voir quelle est la situation des travailleurs". "C’est quelque chose qui est en route", a assuré le ministre.

Quelque 300 salariés sans papiers d’Ile-de-France ont débuté mardi une grève illimitée pour obtenir leur régularisation. Selon Droits Devant ! et la CGT, quelque 530 sans papiers, pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest et travaillant parfois depuis plusieurs années en France, sont désormais en grève. Quinze sites à Paris et sa région étaient concernés dimanche, a précisé le porte-parole de Droits Devant !, Jean-Claude Amara. Samedi, neuf salariés d’un restaurant de l’Ile-de-la-Jatte, à Neuilly-sur-Seine, ont rejoint le mouvement.

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS PROPOSE UNE "ACTION DE SOLIDARITÉ" Outre les secteurs de la restauration, de la sécurité et du BTP, M. Amara a affirmé que des salariés sans papiers du nettoyage avaient grossi les rangs des grévistes. "Ils sont maintenant pas loin de 200", issus d’une trentaine d’entreprises de nettoyage, a-t-il affirmé. Pour M. Amara, Xavier Bertrand est le "seul et unique interlocuteur". "Ce n’est pas une histoire d’immigration, de répression, c’est d’abord une histoire de travailleurs, de droit du travail. Il y a le mot ’travailleur’ avant le mot ’sans papiers’", a-t-il argué.

La FSU, qui soutient le mouvement, en a appelé à MM. Bertrand et Hortefeux, samedi, exigeant d’eux l’ouverture "immédiate" de négociations avec les syndicats et associations de défense des travailleurs immigrés "pour faire cesser cette hypocrisie, ce déni de droits".

Samedi, lors d’une visite en Seine-Saint-Denis, la ministre de la ville Fadela Amara, s’est elle aussi prononcée pour la régularisation des travailleurs sans papiers. De son côté, le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a annoncé dimanche avoir écrit à ses collègues parlementaires "pour proposer une action de solidarité avec les sans papiers grévistes". "Ils ont été choisis par des employeurs, ils doivent donc être régularisés", écrit dans un communiqué le député strauss-kahnien, faisant appel au thème de l’immigration choisie cher à Nicolas Sarkozy. "C’est à nous, parlementaires, d’agir", poursuit l’élu parisien.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !