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Alexandra SCHWARTZBROD | Libération le 16 mai 2007

Faire baisser la température de 2 °C d’ici à 2050 : c’est possible !

mercredi 16 mai 2007 par Alexandra SCHWARTZBROD
Climat. Les experts du WWF proposent 25 solutions pratiques.

La mauvaise nouvelle, claironnée à l’envi par les spécialistes du climat, c’est que l’avenir est noir ou plutôt rouge bouillant. La bonne, annoncée hier par les experts du WWF, c’est qu’il est encore temps d’agir. Mais vite. En gros, si le monde veut faire face au réchauffement sans ralentir le développement ni réduire les niveaux de vie, il a cinq ans, pas davantage, pour mettre en oeuvre des solutions « durables ». Le changement de climat étant désormais considéré comme inéluctable si rien n’est entrepris, tout retard obligerait à prendre des mesures plus dures et plus coûteuses qui pourraient provoquer des dommages majeurs à l’économie mondiale, affirme l’organisation de défense de l’environnement dans un rapport baptisé « Vision énergétique du WWF pour 2050 » (www.wwf.fr).

Besoins. Le scénario étudié est volontairement ambitieux : l’objectif est de réduire les émissions de CO2 de 60 à 80 % d’ici à 2050 afin de limiter le réchauffement de la planète à moins de 2 °C tout en répondant aux besoins grandissants de l’humanité. Cela paraît incroyable mais c’est faisable, affirme l’organisation. Et sans passer au tout-nucléaire. En se basant essentiellement sur des technologies d’économie d’énergie et des sources véritablement écologiques.

Les experts du WWF ont ainsi passé au crible 25 solutions existant aujourd’hui et les ont classées en trois groupes par ordre d’importance. Les « prioritaires » se résument en trois mots : sobriété et efficacité énergétique. Les « positives » comprennent d’abord les énergies renouvelables : éolien, solaire, biomasse à condition que cela n’entraîne pas de déforestation, et hydraulique si les critères concernant l’impact des barrages sur la vie aquatique sont respectés. Elles incluent aussi, avec quelques réserves sur la faisabilité, la séquestration de CO2, un outil en vogue puisqu’il était récemment mis en avant par les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat). Dans les solutions « inacceptables » du point de vue des risques environnementaux figurent le nucléaire, la biomasse non écologique, les biocarburants non durables, et les grands barrages hydrauliques. Résultat, en 2050, selon le scénario du WWF, « les technologies d’efficacité énergétique pourraient permettre une économie de 40 % de production énergétique, les renouvelables, contribuer à hauteur de 43 % aux besoins, et les énergies fossiles, représenter les 17 % restants à condition que le CO2 soit capté et neutralisé ». Seul hic, le rapport ne mentionne pas la faisabilité économique du scénario. « On a voulu bâtir avant tout un scénario de potentiel technique, explique Edouard Toulouse du WWF-France. Pour ce qui est de l’aspect économique, il va falloir que les gouvernements s’en mêlent. »

Succès. Quelques conditions clés ont été identifiées pour augmenter les chances de succès : consommer moins d’énergie, lutter contre la déforestation, développer les renouvelables sans relâche, changer les réseaux et les infrastructures énergétiques, privilégier le gaz naturel par rapport au pétrole et au charbon, empêcher la construction de nouvelles centrales à charbon si le CO2 n’est pas capté.

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