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Communiqué de presse des fédérations mines/énergie, industries chimiques et métallurgie CGT

Faut-il baisser les prix aux électro-intensifs ?

mardi 1er mars 2005 par FNME-CGT

Les industriels électro-intensifs font pression afin d’obtenir la baisse du prix de leurs approvisionnements en énergie. Ils font état d’augmentations dépassant 30%. Ils perdraient en compétitivité. Ils menacent de délocaliser.

Les cris des électro-intensifs et de leur union l’UNIDEN ne sont pas neufs. Poussés par des représentants patronaux, ils s’ajoutent à leurs lamentations relatives aux charges de personnel.

Il convient d’y être attentif. Ce sont des industries importantes pour l’activité économique de la France et de l’Europe et pour certaines d’entre elles, l’énergie représente 40% des achats. Leurs dirigeants ont misé sur la baisse des tarifs en lien avec l’ouverture à la concurrence. Après une baisse qui les a confortés, voilà que les prix remontent et dépassent le niveau des tarifs historiques.

La première chose à déterminer, c’est la hausse réelle subie par ces entreprises. C’est à dire la hausse entre les prix avant l’ouverture du marché et ceux d’aujourd’hui. Or, les prix pratiqués sont cachés comme relevant du secret des affaires.

Comme pour les autres usagers, les prix devraient être établis dans la transparence et basés sur la réalité des coûts. La deuxième chose à déterminer, c’est la mesure des difficultés rencontrées par ces entreprises. Or, les salariés doivent avoir accès à des informations sérieuses sur la réalité de la gestion de leurs entreprises. Aujourd’hui les patrons n’en veulent à aucun prix.

Pour les industries de la chimie, les arguments avancés, que cela soit le coût de l’énergie, les investissements nécessaires pour adapter l’outil de production aux normes environnementales, ont toujours été utilisés pour tenter d’expliquer leur politique d’abandon d’activités (filière fertilisants) filière chlore...), de restructurations et de suppressions de milliers d’emplois.

Les profits réalisés par les grands groupes, qui pour certains sont aussi des pétroliers, sont la démonstration que les difficultés financières n’affichent pas forcément la réalité de la santé de ces entreprises.

L’exigence d’augmentation du (ROACE) dictée par les actionnaires, dont le dividende ne cesse d’augmenter, conditionne le contenu de leur politique.

Il est grand temps de revoir la gestion de ces grands groupes, que les cadeaux fiscaux du domaine public servent réellement au développement industriel et à l’emploi. La mise à plat de leur gestion ainsi que des prix pratiqués sont donc des conditions préalables.

Ces conditions justifient la revendication de la CGT de créer une commission indépendante de la transparence sur les tarifs, les prix et la fiscalité de l’énergie.

En tout état de cause, les solutions avancées par le MEDEF ne sont ni équitables, ni pérennes, ni réalistes !

En effet, le désengagement de ces entreprises de la contribution aux charges de service public d’électricité (CSPE) se traduirait par un transfert au détriment des usagers domestiques. Un seuil de 500 000€ a déjà été instauré en 2003 limitant ainsi la participation de ces entreprises à la solidarité nationale.

La mise en cause de la facturation du transport d’électricité selon le principe « timbre poste » remettrait en cause la solidarité entre territoires au plan national (péréquation tarifaire) qui est un des fondements essentiels du service public.

Enfin, l’entrée des électro-intensifs dans le capital de l’EPR participerait à intensifier la mise en œuvre de critères de gestion basés exclusivement sur la recherche de rentabilité financière au détriment des règles de sûreté et de sécurité. Elle lierait financièrement deux secteurs industriels qui ont en pratique des objectifs différents.

Les industries électro-intensives ont besoin de stabilité au niveau de leur fourniture d’énergie qui est un élément essentiel de leur activité. Cette stabilité peut être obtenue au moyen de contrats de long terme avec les fournisseurs d’énergie électrique, basés sur la réalité de l’ensemble des coûts de cette fourniture. Des contrats de ce type ont déjà été établis par le passé ; certains sont encore en vigueur. Ils peuvent contribuer à stabiliser l’accès des industriels à une énergie électrique à un coût raisonnable et contribuer au maintien et au développement de secteurs économiques indispensables tant à la France qu’à l’Europe.

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