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Article de Thomas Lemahieu paru dans L’Humanité du 7 octobre 2006

Fin de conflit chez Polimeri

samedi 7 octobre 2006 par Thomas Le mahieu
Chimie . À la préfecture de l’Isère, l’intersyndicale a été contrainte de signer un accord mettant fin à un an de luttes.

Après la signature du « protocole de fin de conflit », hier matin, ils ont décliné l’invitation préfectorale à « boire un petit rafraîchissement » et ils s’en sont allés, le coeur lourd, des larmes aux yeux pour certains, un poison amer aux commissures de toutes les lèvres. Polimeri, c’est pas fini ? Ben maintenant si. Pendant que le préfet de l’Isère, les responsables de la direction départementale du travail et de l’emploi (DDTE) et les dirigeants de Polimeri buvaient l’apéro dans un salon, les membres de l’intersyndicale CFDT-CGT-CGC de l’usine chimique de Champagnier laissaient éclater leur colère. Deux mots qui claquent - « mépris » et « gâchis » -, et les adjectifs et compléments qui vont avec : mépris de l’État, de la direction, gâchis humain, social et économique.

Le site de production de caoutchouc synthétique ferme, les salariés de plus de cinquant-quatre ans tomberont dans le filet mal rapiécé des préretraites et FNE, les autres (près d’une centaine) partent avec une « indemnité transactionnelle », conditionnée à l’abandon de toute velléité d’aller en justice contre le plan de liquidation de Polimeri, et un congé de reclassement de six ou neuf mois avant les ASSEDIC, l’État verse plus de 2 millions d’euros de fonds public pour financer la casse organisée par la filiale du pétrolier ENI (12 milliards d’euros de bénéfices nets escomptés en 2006). Les syndicats ont signé : de toute façon, après un mois de négociations, leur avaient fait savoir avec insistance les pouvoirs publics, c’était ça ou rien de rien ! « Nous avons perdu le combat principal qui était de faire redémarrer cette usine, constate Fred Vivancos. Et ce combat, nous l’avons perdu parce que les dés étaient pipés. Il n’était pas question pour Polimeri de laisser cette boîte repartir. Ils voulaient la liquider et nous n’oublierons pas que les pouvoirs publics ne nous ont pas aidés du tout quand nous avons trouvé un repreneur sérieux par nous-mêmes. » Interrogé par l’Humanité, le préfet de l’Isère conteste l’échec des pouvoirs publics qui financent en partie une liquidation sans avoir favorisé la reprise de Polimeri par l’industriel américain ISP. « Nous avons fait ce qu’il nous appartient de faire, dit-il. Ce n’est pas à l’État de décider des stratégies des groupes industriels. » Vendredi à 16 heures, les salariés, qui occupaient depuis la mi-juillet, devaient rendre les clés de l’usine. C’était leur usine, leurs emplois, leurs vies, mais la « stratégie d’un groupe industriel » leur a tout volé.

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