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Une dépèche AFP publiée le 10 octobre 2005

France : fiasco de la réunion sur la SNCM entre ministres et syndicats

lundi 10 octobre 2005

MARSEILLE (AFP) - La réunion de la dernière chance entre les ministres de l’Economie et des Transports Thierry Breton et Dominique Perben et les syndicats de la SNCM, a tourné au fiasco lundi à Marseille, au terme d’une heure et demie de discussions, précédant un conseil d’administration décisif pour l’avenir de la compagnie.

Les marins CGT de la SNCM ont voté à l’unanimité dans la foulée la poursuite de la grève qui dure depuis le 20 septembre.

"Les ministres ont claqué la porte aux salariés. Ils verront rapidement ce que pensent les salariés", a déclaré Bernard Marty, secrétaire CGT du Comité d’entreprise. "Les ministres ont été d’une arrogance inqualifiable", a-t-il renchéri.

"Nous sommes venus avec l’état d’esprit de pouvoir négocier. On a compris que les ministres (étaient venus) pour réitérer les positions du gouvernement. Il n’y a pas eu d’espace de négociation. Mieux, ils ont claqué la porte à toute négociation de dimension nationale", a déclaré Jean-Paul Israël, secrétaire général CGT des marins de Marseille, avant de se rendre à une assemblée générale des marins sur le ferry Méditerranée.

Bercy a répondu que les ministres de l’Economie et des Transports étaient restés plus longtemps que prévu à la réunion avec les syndicats de la SNCM pour pouvoir répondre à leurs questions. "Il était entendu depuis le début de la réunion que les ministres devaient partir à midi", a-t-on indiqué au ministère de l’Economie. "Pour répondre pleinement aux questions, les ministres sont partis à 13H15 en indiquant à leurs interlocuteurs que les discussions pouvaient se poursuivre avec le préfet", a-t-on précisé.

Le préfet de région Christian Frémont avait précisé plus tôt que les ministres avaient dû quitter la réunion, car ils avaient des engagements "à Bruxelles en début d’après-midi". Le préfet a alors poursuivi la rencontre avec les syndicats pendant une vingtaine de minutes.

Depuis le début de la grève à la Société nationale Corse-Méditerranée, le 20 septembre et l’immobilisation de ses dix navires, c’était la quatrième fois que M. Perben se rendait à Marseille pour discuter du dossier SNCM, la troisième pour M. Breton.

Avant de quitter Marseille, le ministre de l’Economie a indiqué que le montage financier de la future SNCM restait inchangé : 38% à Butler Capital Partners (BCP), 28% à la Connex, 25% à l’Etat et 9% aux salariés.

Il a précisé que le conseil de surveillance de la future société serait présidé par un représentant de l’Etat jusqu’à la fin 2006, puis par un membre de BCP.

Avant la réunion, la CGT confédérale avait annoncé qu’elle ne posait plus comme préalable la question d’une participation majoritaire de l’Etat de 51%. Mais Jean-Paul Israël avait rapidement réaffirmé son attachement à "une majorité large du capital de la SNCM restant dans le giron public".

Le responsable syndical avait avancé de nouvelles propositions, telles que l’entrée de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) dans le capital, ainsi qu’une augmentation de la part de la SNCF, aujourd’hui à 7%.

La question de la participation de la CDC, selon un représentant de la CFDT, a été balayée par les ministres "au prétexte que la commission européenne s’y opposerait ou l’accepterait avec des contreparties inacceptables pour la compagnie", telles que la vente de bateaux et de licenciements massifs. La réunion a rassemblé, outre les ministres, le PDG de la SNCM Bruno Vergobbi et une quarantaine de syndicalistes.

Alain Mosconi, secrétaire national du STC marins, n’y assistait pas, l’invitation étant arrivée "trop tard pour organiser un déplacement sur le continent". Il a demandé "un moratoire de deux ou trois mois avant tout dépôt de bilan".

Lundi après-midi, le conseil d’administration de la SNCM, en préfecture, devait entendre les commissaires aux comptes de la compagnie sur la viabilité de l’entreprise.

La SNCM affichait 29,7 millions d’euros de déficit fin 2004. Depuis, les pertes se chiffrent à 22 MEUR et depuis le début de la grève, la SNCM perd encore chaque semaine 1,5 MEUR de plus, selon M. Vergobbi.

Selon le président du tribunal de commerce François Giocanti, trois options sont envisageables : soit le conseil d’administration donne mandat au président de la SNCM de procéder aux formalités de déclaration de cessation de paiement, soit le tribunal se saisit d’office du dossier après avoir constaté que l’entreprise n’a plus de trésorerie, soit le tribunal nomme des juges enquêteurs, s’il s’estime mal informé, en vue d’un éventuel redressement judiciaire.

Un comité d’entreprise de la SNCM est prévu mardi matin.

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