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UN TRACT DE LA CGT

Fusion Suez - Gaz de France : Salariés, usagers, votre énergie doit rester publique

mercredi 22 mars 2006 par Confédération Générale du Travail (CGT)
Les salariés et citoyens ne peuvent être mis devant le fait accompli.

La fusion Suez - Gaz de France n’est pas la bonne solution pour répondre aux défis énergétiques posés à la France et à l’Europe.

La Cgt a condamné immédiatement cette décision, annoncée une fois de plus, sans concertation, par Dominique De Villepin.

Dans les faits, les pouvoirs publics apportent Gaz de France, entreprise publique, aux actionnaires du holding financier Suez.

Les salariés et citoyens ne peuvent être mis devant le fait accompli :

C’est un choix majeur qui touche à l’avenir énergétique du pays. Celui-ci nécessite un vrai débat public.

Mais le gouvernement veut-il aujourd’hui prendre tout le monde de vitesse et escamoter ainsi cette indispensable confrontation ?

Quelle crédibilité lui accorder quand il renonce à ses propres engagements, alors qu’en 2004, par la voix de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Economie et des Finances celui-ci déclarait ne pas vouloir privatiser Edf et Gaz de France ?

Quelle crédibilité, quand en deux jours, il présente deux argumentations différentes aux conseils d’administrations de Suez et de Gaz de France : d’abord comme une réponse à une menace précise d’Opa, ensuite, cette opération ne serait plus motivée que par un projet industriel « élaboré depuis plusieurs mois » ?

Ce projet anti service public conduirait à la hausse du prix du gaz et à l’affaiblissement d’Edf !

Derrière le paravent du « patriotisme économique », la fusion rendrait très minoritaire la participation publique dans le nouvel ensemble.

La logique de la rentabilité financière provoquerait l’envolée des prix du gaz pour les particuliers.

L’exemple de Suez dans la gestion de l’eau ne laisse aucun doute sur cette stratégie qui aboutirait à la fin de l’égalité de traitement des usagers sur le territoire. La concurrence s’intensifierait entre Suez - Gaz de France et Edf, avec des conséquences certaines sur les services communs entre Edf et Gdf.

Ce projet est un mauvais coup contre l’emploi et le développement économique

L’emploi ne serait pas pour autant garanti. Au contraire, les promoteurs du projet affichent l’objectif de réduire les coûts d’un milliard d’euros par an. Plusieurs filiales de Suez et de Gaz de France opérant sur les mêmes créneaux (Elyo, Cofathec) ou fournissant des prestations pour Edf (Inéo, Endel), en concurrence directe avec Suez - Gdf, sont menacées. Les réductions d’effectifs toucheraient aussi les sièges de Suez, Gaz de France, Electrabel...

Les autorités belges de la concurrence ont déjà prévenu qu’elles n’accepteraient pas d’avoir sur le sol belge un grand groupe privé en situation de monopole. Bref, le groupe fusionné devrait se séparer de nombre d’activités et d’emplois.

Les seuls vrais bénéficiaires de cette opération sont à coup sûr les actionnaires de Suez. Ils sont déjà assurés d’empocher 1,3 milliard d’euros de dividende exceptionnel. Mais les marchés financiers qui spéculent sur une bataille boursière autour de Suez exigent beaucoup plus !

L’argent distribué aux actionnaires, c’est de l’argent en moins pour l’économie. Cette opération, comme toutes les Opa, ne sert ni l’économie française, ni l’économie européenne.

La Nation doit garder le contrôle des outils de sa politique énergétique

Edf, Gdf, ainsi que la filière nucléaire française doivent rester sous le contrôle de la Nation.

L’approvisionnement en gaz est un enjeu trop stratégique pour le livrer aux intérêts privés. L’affaire du gaz russe l’a démontré cet hiver.

La minorité de blocage annoncée dans le groupe Suez - Gdf ne permettrait pas de contrecarrer une gestion au service exclusif des actionnaires privés.

Par contre coup, Edf serait poussé vers les mêmes choix de gestion  : hausse des tarifs, réduction des investissements, priorité à la rentabilité...

Enfin, Suez, compagnie privée, entend convoiter le nucléaire, à Edf tandis que le président de Bouygues ne cache pas son intérêt pour Areva, qui construit les centrales nucléaires françaises. Face aux actionnaires des groupes privés qui veulent faire des affaires dans l’énergie, les salariés et les usagers doivent exiger une pleine maîtrise publique du secteur !

La Cgt propose :

1. Des mesures anti Opa pour éviter que les salariés de Suez ne voient leur groupe se faire dépecer au gré d’Opa hostiles, d’où qu’elles viennent.

La Cgt estime qu’il est possible de protéger Suez sans sacrifier Gaz de France. Des participations publiques existent au sein du capital de Suez (Caisse des Dépôts et Consignations, Areva...). Rien n’empêche l’Etat d’accroître sa participation pour bloquer toute perspective de raid boursier.

2. Construire un pôle public de l’énergie à vocation européenne

Il s’agit de s’appuyer sur Edf et Gaz de France déjà fusionnés en partie (60 000 agents) pour constituer un pôle public de l’énergie. A partir d’une fusion plus poussée des deux entreprises, ce pôle permettrait de lancer les investissements indispensables à la sécurité de l’approvisionnement énergétique. Il serait ouvert sur l’Europe et organiserait les coopérations et les partenariats avec tous les acteurs français et européens (Suez, Total, Snet...).

3. Créer une agence européenne de l’énergie

Les problèmes énergétiques ont une dimension planétaire. L’Europe de l’énergie doit se construire concrètement. Par l’intermédiaire d’une agence européenne de l’énergie, la Cgt estime possible, si la volonté politique s’exprime, d’en faire l’instrument d’une politique énergétique alternative à la concurrence sur les marchés de l’électricité et du gaz. Elle construirait progressivement des projets de coopération dans les domaines de la recherche et du développement, dans la mise au point de nouvelles techniques de production soucieuses de l’environnement et aptes à répondre aux défis du développement durable.

Salariés, citoyens, la Cgt vous donne la possibilité d’intervenir pour contester le choix du gouvernement, faire reculer les prétentions des marchés financiers et apporter des réponses novatrices aux défis énergétiques majeurs qui se posent à la France et à l’Europe.

Elle vous invite à signer massivement la pétition qu’elle met à votre disposition contre la privatisation de l’énergie.

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