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Article de Pierre-Henri Lab paru dans L’Humanité du 30 octobre 2006

GDF : Suez bien parti pour empocher la mise

lundi 30 octobre 2006 par Pierre-Henri Lab
Énergie . Le géant gazier vanté par les partisans de la fusion ne verra pas le jour. Les actionnaires de Suez pourraient toucher des dividendes colossaux.

« Une avancée fon- da- mentale qui permettra à notre pays de mieux maîtriser les enjeux énergétiques » c’est ainsi que le premier ministre a vanté, vendredi dernier, le projet de fusion entre GDF et Suez. Dominique de Villepin a également affirmé que « l’organisation de la future entité se met en place » et que la Commission européenne « devrait donner son accord très rapidement ». Selon plusieurs organes de presse, l’actuel PDG de GDF, Jean-François Cirelli, devrait ainsi devenir « président délégué » du nouveau groupe tandis que la décision de Bruxelles pourrait intervenir le 14 novembre prochain.

GDF + Suez = GDF

À y regarder de plus près, « l’avancée fondamentale » vantée par le premier ministre a tout du recul fondamental. Outre la privatisation de l’entreprise gazière en charge de la sécurité d’approvisionnement du pays dans laquelle la part de l’État ne sera plus que de 34 %, le projet de fusion entre GDF et Suez ne revêt même plus les « qualités » que lui vantaient jusqu’à présent ses partisans. Après la vente de Distrigaz en Belgique et la perte de contrôle de Fluxys, société gestionnaire du réseau belge de distribution, accordées comme contreparties à la Commission européenne, le périmètre du futur groupe fusionné se trouve sérieusement amputé.

À un point tel que l’addition de GDF et de Suez risque d’être égale à GDF. Le géant gazier qui, par sa dimension - affirmait le gouvernement -, devait assurer la sécurité d’approvisionnement du pays ne verra jamais le jour.

Juteuses spéculations

Si « une avancée fondamentale » est en passe de se réaliser, c’est au seul profit des actionnaires de Suez. Ceux qui vont mettre la main sur la totalité des contrats d’approvisionnement de Gaz de France, dont plus de 90 % sont de long terme et garantissent à ce titre des prix inférieurs de moitié à ceux du marché, sont assurés de pouvoir réaliser à l’avenir de juteuses spéculations. Quant aux modalités de la fusion, elles devraient également leur rapporter gros. Initialement prévu sur la base d’une action GDF contre une action Suez, l’échange se fera finalement dans des conditions beaucoup plus favorables aux actionnaires du groupe présidé par Gérard Mestrallet. Prétextant un cours de l’action GDF inférieur à celui de Suez (31 contre 35 euros), les modalités de fusion prévoient le versement d’un dividende exceptionnel aux actionnaires de Suez. Selon la CGT énergie, ce dernier devrait se situer entre 4 et 10 euros par action. Soit une facture totale évaluée de 5 à 10 milliards d’euros. Au bout du compte, la fusion n’apparaît que pour ce qu’elle est : la privatisation d’une grande - entreprise publique et la priorité accordée aux profits de quelques-uns uns au détriment de la sécurité d’approvisionnement en gaz du plus grand nombre.

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