Liste des auteurs

JEAN QUATREMER | Le 31 juillet 2007

GDF et E.ON soupçonnés d’entente illégale

mardi 31 juillet 2007 par Jean QUATREMER
Energie. Bruxelles accuse le français et l’allemand de protéger leurs marchés nationaux.

« Leur compte est bon », estime-t-on à Bruxelles : « On les a vraiment pris la main dans le sac. » La Commission européenne a annoncé, hier, l’ouverture d’une procédure d’infraction aux règles européennes de concurrence contre Gaz de France et l’allemand E.ON. Pour Bruxelles, il ne fait guère de doute que les deux gaziers ont conclu un accord de non-agression, chacun s’engageant à ne pas aller chercher des noises à l’autre dans leurs pays respectifs. GDF et E.ON risquent d’écoper d’une amende pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d’affaires.

Le 16 mai 2006, les limiers de la Commission ont mené une série d’inspections surprises dans cinq Etats membres (Allemagne, France, Belgique, Italie et Autriche) car ils soupçonnaient les opérateurs historiques d’avoir conclu une entente les engageant « à rester à l’écart du marché national de l’autre, et ce même à l’issue de la libéralisation des marchés du gaz en Europe », comme l’écrit l’exécutif européen dans un communiqué. Il est vrai que la concurrence dans le secteur du gaz est quasiment inexistante, contrairement aux espoirs que nourrissait la Commission lorsqu’elle a convaincu les Etats membres d’ouvrir leur marché.

Manifestement, la pêche a été bonne en Allemagne et en France. La concurrence aurait été possible sans grande difficulté, le gazoduc Megal, propriété conjointe de GDF et de E.ON, assurant le transport de gaz russe à travers le territoire allemand vers la France. Bruxelles espère démontrer que le peu de concurrence sur le marché européen est dû à des ententes prohibées et non au caractère soi-disant non concurrentiel du secteur.

Les autorités européennes de la concurrence veulent aussi convaincre les Etats membres qu’il est nécessaire de séparer le transport de la fourniture de l’énergie si l’on veut que la concurrence fonctionne efficacement. « Tant que les opérateurs historiques contrôleront les deux, ils pourront empêcher l’entrée de nouveaux concurrents sur leur marché », affirme-t-on à Bruxelles. Mais les Vingt-Sept ont refusé, en juin, une telle scission de crainte que cela n’affaiblisse leurs champions nationaux.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !