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Un article de Patrick Roger paru dans Le Monde du 8 juin 2006

GDF : la majorité divisée sur le débat au Parlement

jeudi 8 juin 2006 par Patrick Roger

Le projet de privatisation de Gaz de France (GDF ) continue de mettre l’UMP en ébullition. Il en a longuement été question, toute la journée de mardi 6 juin, à l’Assemblée nationale et à Matignon. Sans que se dégage un choix définitif sur la discussion en première lecture du projet de loi sur l’"adaptation du secteur de l’énergie" avant la fin de la session. Le texte, transmis pour avis au Conseil d’Etat, n’a pas encore été présenté en conseil des ministres (Le Monde du 7 juin).

Partisans et opposants du projet de fusion entre GDF et Suez ont chacun fait valoir leurs arguments, mardi, à l’occasion d’un déjeuner à Matignon réunissant les membres de la majorité de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale et Dominique de Villepin. Le chef du gouvernement était entouré de plusieurs ministres, dont Thierry Breton (économie) et Henri Cuq (relations avec le Parlement).

Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a souligné les problèmes politiques que pose cette opération, se faisant l’écho de ceux qui, dans la majorité, redoutent de nouvelles turbulences après l’épisode calamiteux du contrat première embauche (CPE) .

Pour François-Michel Gonnot (UMP, Oise), "mieux vaut laisser où ils sont les textes qui divisent". Le responsable des questions de l’énergie à l’UMP ne manque pas de critiquer, par ailleurs, la méthode du premier ministre, mettant en garde sur la mobilisation des salariés de l’entreprise gazière : "A-t-on cherché des alliés sur ce dossier ? Non. Alors, il ne faut pas s’étonner d’avoir des problèmes."

A l’inverse, le président de la commission des affaires économiques, Patrick Ollier (UMP, Hauts-de-Seine), plaide pour que le texte soit soumis sans tarder à la discussion. Répondant aux critiques de son homologue de la commission des finances, Pierre Méhaignerie (UMP, Ille-et-Vilaine), il ne cache pas son irritation : "Méhaignerie est contre, Ollier est pour. Moi, je demande le débat. C’est l’intérêt de la France qui est en jeu. La constitution de ce groupe est un élément essentiel de régulation du marché."

"PAS SEUL SOUS LA MITRAILLE"

Confronté à cette double pression, M. de Villepin a fait comprendre à ses interlocuteurs qu’il n’avait "pas l’intention d’aller seul sous la mitraille", souhaitant une position homogène du gouvernement, de l’UMP et du groupe.

Le premier ministre attend donc le débat sans vote prévu le 14 juin à l’Assemblée nationale pour voir si se dégage un consensus et arrêter sa position. "Soit la majorité en a envie, soit elle n’en a pas envie", confiait-il à ses proches, mardi soir, en marge d’un colloque à l’Assemblée, sans exclure totalement que le processus parlementaire puisse être engagé avant la fin de la session.

A l’Assemblée, le ministre de l’économie, M. Breton, a mis les députés au pied du mur : "Ce n’est pas le gouvernement qui va décider. C’est vous qui allez décider si vous voulez aller de l’avant sur ce projet", a-t-il déclaré.

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