Liste des auteurs

Christine Lucas | La Provence du 29.09.2012

Gardanne : "Les industriels jouent au Monopoly" (Claude Jorda)

dimanche 30 septembre 2012 par Christine LUCAS
Le conseiller général communiste du canton a fait, hier, son point de rentrée

Claude Jorda, conseiller général du canton, a tenu, hier matin, son point de rentrée, au local de la section du Parti communiste de Gardanne. La rencontre s’est faite en présence de Patricia Chiapella, collaboratrice du groupe communiste au Département, de militants et de représentants des salariés de la centrale thermique de Provence. Même si d’autres thèmes d’actualité ont été abordés, c’est l’avenir industriel et, plus particulièrement, celui de deux entreprises gardannaises qui ont fait l’essentiel de la discussion.

"Sur notre canton, a souligné l’élu, il y a au moins deux entreprises pour lesquelles nous restons vigilants. La première, c’est Pechiney. Alteo (le nouveau propriétaire, Ndlr) semble mettre Gardanne au premier rang de sa stratégie, mais les salariés ont eu à mener un conflit cette année et on a interpellé le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg qui nous a répondu qu’il étudiait la question."

Lettre au gouvernement

Autre conflit, en cours celui-là, à la centrale thermique où les syndicalistes bataillent pour voir aboutir le projet de reconversion à la biomasse de la tranche IV. "Une nouvelle fois, il y a des revirements, a commenté Claude Jorda. C’est d’autant plus choquant que tout le monde était d’accord pour ce projet. Même les élus, y compris l’ancien député Richard Mallié, qui avait fini par se rendre compte de l’existence de la centrale. C’est un jeu usant pour les salariés et pour l’ensemble des personnes qui ont besoin d’énergie électrique."

Claude Jorda a indiqué être sur le point d’envoyer un courrier à Arnaud Montebourg et au Premier ministre, réclamant la tenue d’une table ronde et des explications sur "le recul du gouvernement". "Gaby Charroux (député Front de gauche de la 13e circonscription) s’est engagé à intervenir au plus haut niveau, a repris le conseiller général, et Nathalie Lefebvre (conseillère régionale Front de gauche) a pris position pour soutenir les salariés."

Des salariés en grève jeudi et un peu désabusés, hier matin, à la suite de nouvelles informations qui leur étaient parvenues de la direction d’E.On., propriétaire de la centrale par le biais de la Snet, la Société nationale d’électricité et de thermique (lire ci-dessous). "Les craintes se confirment sur les fermetures de sites, a précisé Nicolas Casoni, secrétaire général CGT au comité d’entreprise. La direction donne de nouveaux chiffres : il y aurait 215 suppressions d’emploi au lieu de 535, toujours une centaine à Gardanne, une vingtaine si la biomasse se fait. Elle dit que le projet va aboutir mais, aujourd’hui, c’est faux. Il manque des étapes."

Et le secrétaire adjoint, Nadir Hadjali d’ajouter : "Les positions diffèrent selon la tendance politique et ont même changé depuis les législatives. Quant au président de la Région, Michel Vauzelle, que nous avons interpellé à plusieurs reprises, il est aux abonnés absents." "Aujourd’hui, pour Gardanne, rien n’a avancé. Mais on va continuer le combat", a complété Nicolas Casoni. "Pendant que les industriels jouent au Monopoly", a conclu Claude Jorda.

E.On. France confirme le projet biomasse

Hier, les représentants syndicaux de la centrale thermique de Gardanne ont appris que l’actionnaire, E.On. France, abandonnait le projet de centrale à gaz à Hornaing, dans le Nord, et annonçait des dates de fermeture pour plusieurs centrales à charbon, leur faisant redouter le pire.

Une information que le géant allemand de l’énergie a confirmée par un long communiqué, hier en milieu de matinée. E.On. y affirme également "s’apprêter à convertir son unité Provence IV, produisant de l’électricité à partir du charbon, en une unité fonctionnant à la biomasse".

"Avec une capacité installée de 150 mégawatts, il s’agit de l’un des projets biomasse les plus importants en France et en Europe, avec un investissement de près de 220 millions d’euros, poursuit la direction. Cet investissement majeur contribuera à améliorer la sécurité de l’approvisionnement électrique de la région, à maintenir l’activité industrielle et le niveau d’emploi et participera au développement d’une véritable filière régionale bois-énergie, elle-même créatrice d’emplois."

Selon le communiqué, "les travaux de conversion pourront débuter dès lors qu’E.On. aura obtenu les dernières autorisations administratives nécessaires et finalisé la mise en place d’une organisation locale compatible avec les exigences techniques et contractuelles du projet". C’est ce qui s’appelle renvoyer la balle dans le camp de l’État...

Christine LUCAS

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !