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Un article de Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 9 décembre 2005

Gaz de France et Gazprom : partenaires concurrents...

vendredi 9 décembre 2005 par Frédéric de Monicault
Pour Gaz de France, le géant russe est à la fois un partenaire et un concurrent

Dans plusieurs pays d’Europe, et notamment en France, Gazprom veut aujourd’hui se développer dans l’aval et la distribution, tout en poursuivant sa politique de contrats d’approvisionnement à long terme.

PRENDRE à terme 10% du marché ouvert à la concurrence. Telles sont les ambitions hexagonales de Gazprom, affirmées officiellement voici peu à l’étonnement général. Du moins dans la manière de les afficher. Rien d’étonnant à cela : producteur incontournable - il pèse 25% des approvisionnements de Gaz de France -, le groupe russe n’est pas, en revanche, un spécialiste de la distribution. Celle-ci, en Russie, reste pour une large part sous le contrôle des régions et des municipalités. Même si, peu à peu, Gazprom étend aussi son influence à cette branche.

« Mais une telle annonce, qui n’est pour le moment qu’une annonce, résulte tout simplement de la libéralisation des marchés. Cette conséquence logique fait que Gazprom pousse aujourd’hui ses pions un peu partout en Europe », souligne Catherine Locatelli, chargée de recherches au CNRS et spécialiste des questions pétrolières en Europe de l’Est.

Favoriser les industriels

En Italie notamment, le géant russe veut prendre pied dans l’électricité. En Allemagne, sa présence est déjà plus soutenue, via Wingaz, le joint-venture piloté avec la société gazière Wintershall. Parmi les autres marchés ciblés par Gazprom, il y a encore la Grande-Bretagne, « au nom d’une politique globale de sécurisation de ses ventes », ajoute Catherine Locatelli. Dans tous les cas de figure, le groupe russe vise en priorité les clients industriels, bien davantage que les particuliers.

Mais en France, on voit mal comment les ambitions de Gazprom pourraient se faire en marge d’un accord global avec Gaz de France. Pour le moment, l’opérateur national tricolore cultive la plus parfaite diplomatie, rappelant qu’il discute actuellement, à l’horizon de l’année prochaine, de la prolongation d’un contrat d’approvisionnement à long terme. Tout en estimant qu’il n’y a rien d’anormal à ce que Gazprom veuille exploiter tous ses atouts pour atteindre le consommateur final. « Gazprom est un concurrent comme un autre, et nous resterons partenaires », souligne Jean-François Cirelli, le président de Gaz de France.

Affréter un tanker de gaz

« Avec 38% des réserves mondiales de gaz, la Russie s’est imposée comme un fournisseur capital pour toute l’Europe, mais elle n’oublie pas non plus qu’il s’agit quasiment de son seul débouché », poursuit Catherine Locatelli. Autrement dit, Gazprom reste très dépendant de quelques pays clients, avec lesquels il n’est pas question d’allumer des foyers d’animosité. Voilà pourquoi le groupe russe, en dépit de sa volonté de se développer dans l’aval, n’a aucune intention de revenir sur sa politique de contrats à long terme.

Tout récemment, Gazprom et Gaz de France ont annoncé avoir conclu un premier accord d’échange de gaz, du gaz naturel liquéfié (GNL) pour le premier contre du gaz non traité pour le second. En contrepartie de livraisons supplémentaires, Gazprom pourra ainsi affréter un tanker de GNL à destination des Etats-Unis. Un marché sur lequel il envisage à moyen terme de livrer son propre GNL, a déjà prévenu le géant russe.

Cette transaction avec Gaz de France n’est pas vouée à demeurer un épiphénomène. Sur la période 2006-2009, Gazprom veut conclure des accords réguliers de fourniture de GNL avec les compagnies Shell Western et BG Group. En attendant que le GNL fasse définitivement part

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