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NOUVELOBS.COM | 24.03.06

Gaz de France et Suez acceptent de céder des actifs belges

vendredi 24 mars 2006

A fin de favoriser l’obtention du feu vert de la Commission européenne, Gaz de France et Suez acceptent de céder des actifs belges - l’électricien SPE et le réseau électrique Elia - et d’ouvrir une partie des capacités de leurs terminaux méthaniers en France et en Belgique, rapporte La Tribune dans son édition de vendredi 24 mars. Le belge Electrabel, filiale de Suez, domine actuellement le secteur national de l’électricité et Distrigaz, également contrôlé par le français, celui du gaz. Selon le quotidien économique, GDF accepterait de céder ses 25,1% dans SPE, deuxième compagnie d’électricité belge qui détient 8% du marché. Des responsables gouvernementaux belges ont récemment conditionné l’accord du pays à la fusion à la cession de cette participation. Electrabel, filiale belge de Suez, contrôle 72% de SPE. EDF, qui dispose déjà en Belgique des droits de tirage sur la production de la centrale nucléaire de Tihange exploitée par Suez, aurait manifesté son intérêt pour SPE et Distrigaz, selon le quotidien. Suez accepterait de son côté de céder plus tôt que prévu ses 27,45% d’Elia, gestionnaire du réseau à haute tension, ajoute-t-il.

Terminaux méthaniers

Les deux groupes, qui seront ensemble le premier fournisseur et le premier acheteur des gaz en Europe, remettraient sur le marché des capacités de déchargement sur leurs terminaux méthaniers français et belge, poursuit-il. Si cela ne suffit pas à la CE, à laquelle les deux groupes adresseront une notification préliminaire à la fin du mois, "Suez utilisera comme monnaie d’échange Distrigaz et la cession de deux au maximum de ses sept centrales nucléaires en Belgique", selon une source proche du dossier citée par le quotidien. Parallèlement, selon les "conditions fondamentales" posées par le gouvernement belge figure la vente de l’opérateur de gazoduc Fluxys, dont Suez détient 57,2%. "Le réseau du transport de gaz et du terminal de Zeebruge, par lequel transite 15% du gaz européen, devra être scindé en trois de façon à séparer la gestion du réseau de transport de gaz, des stockages et du terminal de Zeebruge", explique La Tribune, citant une note confidentielle révélée jeudi par le quotidien belge Le Soir. Ce document réclame "la cession de Distrigaz après le transfert des activités de transit de gaz vers le Fluxys nouvelle formule" et la "cession éventuelle d’actifs nucléaires", poursuit le quotidien, ajoutant que le gouvernement belge réclame d’avoir un représentant au sein du nouvel ensemble.

Critiques

Dans l’entourage des deux groupes, on précise cependant qu’il n’est pas question d’accepter de céder Fluxys, des actifs dans le nucléaire et les sites de stockage. L’autorité belge de régulation du secteur de l’énergie, la Creg, a estimé début mars que le projet de fusion de 72 milliards d’euros menaçait la concurrence, sauf si Suez se séparait d’Elia, Fluxys et de Distrigaz et si GDF sortait du capital de SPE. Après la déclaration des dirigeants d’Enel, le 22 février, n’excluant pas une offre, le Premier ministre français Dominique de Villepin, chantre du "patriotisme économique", avait annoncé lui-même, le 25 février, un projet de fusion entre Suez et Gaz de France, dont l’Etat détient 80% du capital, afin de créer un géant européen de l’énergie. Cette initiative a été vivement critiquée par les autorités italiennes, qui ont accusé la France de protectionnisme. La Commission européenne a également demandé des explications au gouvernement français. (Reuters)

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