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Article de FRÉDÉRIC DE MONICAULT et ANNE-LAURE JULIEN. paru dans Le Figaro du 24 novembre 2006

Gaz de France se mobilise pour sauver la fusion

samedi 25 novembre 2006 par Frédéric de Monicault, Anne-Laure Julien
Le groupe s’active pour communiquer au plus vite un nouveau calendrier de fusion avec Suez.

JAMAIS Gaz de France n’a été autant sous pression. Après la décision de la cour d’appel de reporter le conseil d’administration destiné à entériner la fusion avec Suez, Jean-François Cirelli, le président du groupe gazier, se retrouve en première ligne. Presque en rase campagne aussi, après que tous les protagonistes du dossier, le gouvernement­­ en tête, l’ont taxé, à mots à peine voilés, de légèreté dans la gestion du volet social de la fusion. Sommée par le gouvernement de soumettre au plus vite de nouveaux éléments de calendrier, l’entreprise n’a plus une minute à perdre. Mais elle doit éviter aussi la précipitation, sous peine de trébucher une nouvelle fois.

Précisément, une première étape doit être franchie aujourd’hui, avec une rencontre programmée entre la direction de GDF et le comité d’entreprise européen (CCE). Ce même comité dont le recours auprès du tribunal de grande instance a retardé, de la manière que l’on sait, le processus de fusion.

Procédures méticuleuses

Autour de la table également, les cabinets Syndex et Ideforce, dont l’expertise a été réclamée par le CCE pour évaluer tous les impacts sociaux de la fusion. Ces cabinets disposent de dix jours, à compter de la réception des documents demandés à l’entreprise, pour rendre leurs expertises. Ce qui fait dire au CCE que c’est la rapidité du groupe à transmettre ces documents qui décidera du calendrier exact des prochaines échéances. Au passage, le comité d’entreprise européen épingle la précipitation de GDF, « qui a consulté tout le monde - députés, commission européenne, actionnaires... - sauf les salariés ».

Quoi qu’il en soit, GDF veut reprendre la main dans ce dossier. Conscient d’avoir trébuché, le groupe n’en persiste pas moins à souligner que toutes les consultations sociales ont été menées comme elles auraient dû l’être, avec un souci constant de concertation. Mais GDF sait aussi qu’il va devoir redoubler d’efforts dans ce domaine au cours des jours qui viennent.

D’autant que, pendant ce temps, les critiques continuent à pleuvoir sur la gestion du dialogue social dans cette affaire. « Dans les dossiers de fusion, ce sont toujours les mêmes procédures, extrêmement méticuleuses, qui rythment les échanges avec les instances représentatives des personnels. Or, jusqu’à preuve du contraire, les services de GDF, sans compter leurs batteries de conseils, sont suffisamment armés pour les connaître et y faire face. Ce qui s’est passé est littéralement inimaginable », souligne un haut fonctionnaire.


Débat autour de l’opportunité de rendre public le nouveau dividende

Le gouvernement estime prématuré de définir les nouvelles parités d’échange.

DEPUIS deux jours, Suez et Gaz de France (GDF) tentent par tous les moyens de sauver leur fusion. Les deux groupes l’ont réaffirmé au travers du soutien de leur conseil d’administration : c’est le minimum. Désireux d’aller plus loin, les dirigeants des deux entreprises estiment qu’un signal fort serait de dévoiler les nouvelles parités de l’offre. Théoriquement, une telle initiative intervient à la toute fin du processus, dans le but de convaincre les actionnaires encore indécis. Mais en situation de crise, tout peut être envisagé.

Les deux groupes étudient l’opportunité d’une telle annonce avec d’autant plus d’attention qu’ils seraient très proches d’un accord sur le montant du nouveau dividende qui sera distribué aux actionnaires de Suez. Les partisans estiment qu’il faudrait attendre début décembre, après la tenue du Conseil constitutionnel. Cela donnerait non seulement un signal positif aux marchés financiers mais faciliterait en outre le travail avec les comités d’entreprise. Ces derniers, convaincus que les modalités actuelles de la fusion ne sont pas définitives, dénoncent le manque de transparence et réclament l’ensemble des éléments pour se prononcer.

Reste que le gouvernement, qui a repris l’affaire en main durant la semaine, ne l’entend pas du tout ainsi. Au ministère de l’Économie, on estime en effet que rien ne presse dans la mesure où les assemblées générales d’actionnaires de Suez et GDF - devant avaliser la fusion - ne se tiendront pas avant mi-février.

Par ailleurs, en dévoilant longtemps à l’avance les nouvelles modalités financières, Suez et GDF prennent un risque de marché. Ils laissent la possibilité aux investisseurs de réclamer davantage au cours des deux prochains mois. Nul doute que le front de minoritaires détenteurs de 15 % du capital de Suez ne manquera pas une telle occasion. Déterminées, les deux sociétés expliqueront que c’est leur dernier mot. Mais après tout, les actionnaires de Suez n’ont rien à perdre : si la fusion se réalise, ils reçoivent un superdividende, si elle échoue, la spéculation d’une OPA d’Enel repart de plus belle.

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