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NOUVELOBS.COM | 09.03.05

Gaz : polémique sur les réserves

mercredi 9 mars 2005
La CGT, qui dénonçait hier le niveau très bas des réserves de gaz , demande aujourd’hui une table ronde au gouvernement sur ce problème.

a fédération CGT mines énergie a tiré mercredi 9 mars la sonnette d’alarme sur l’état de l’approvisionnement énergétique du pays en demandant d’urgence au Premier ministre la tenue d’une "table ronde" placée "sous l’égide de l’Assemblée nationale". La CGT, qui avait affirmé mardi que la "France ne disposait plus que de quelques jours de stocks de gaz disponible pour faire face aux besoins des utilisateurs", a ajouté mercredi lors d’une conférence de presse que l’électricité avait également atteint "un seuil critique". Le syndicat majoritaire à EDF-GDF a indiqué qu’il avait adressé un courrier au Premier ministre, aux groupes parlementaires et au président d’EDF-GDF, pour demander l’organisation "d’une table ronde sous l’égide de l’Assemblée nationale". Le responsable de la CGT a jugé impératif "de tirer le bilan de la situation actuelle et de déterminer quelles sont les décisions à prendre en terme de production et de stockage d’électricité et de gaz".

5.000 à 7.000 mégawatts de déficit

Il a indiqué que "le principe d’une table ronde" similaire pour examiner la situation énergétique de la Corse, "sous l’égide de la collectivité territoriale, était acquis".

Le secrétaire général de la fédération CGT, Frédéric Imbrecht, a fait valoir que la France connaissait une "situation de pénurie due à la situation climatique défavorable mais aggravée par l’insuffisance de stockages et de moyens de production" dont, selon lui, il est "urgent de relancer la construction".

La CGT estime le déficit "entre 5.000 et 7.000 mégawatts pour passer 2010 et entre 25.000 et 30.000 mégawatts d’ici 2020", a précisé M. Imbrecht.

Yves Ledoux, membre de la commission exécutive de la fédération, a fait état de possibles "opérations financières" de GDF sur le marché du gaz "afin d’accroître sa marge", ce qui expliquerait que "les stocks sont très bas" : ce sont "des supputations mais c’est à GDF de répondre", a-t-il ajouté.

La CGT épingle encore "le manque d’investissements chronique à EDF" mais aussi chez "l’ensemble des opérateurs énergétiques qui visent à générer la pénurie".

Usure du combustible

Selon cette fédération, "après janvier où il a fallu disposer de l’ensemble des tranches nucléaires, thermiques et hydrauliques disponibles pour faire face à la demande, c’est par une mobilisation exceptionnelle des moyens de production que l’équilibre a pu être préservé ces deux dernières semaines" .

"Pour faire face aux besoins, EDF a dû reporter des arrêts de tranches à Cattenom, Tricastin et Gravelines et faire fonctionner ces centrales plus longtemps que prévu", a affirmé de son côté Jean-Luc Silvain, responsable production-transport-équipement du nucléaire à la fédération.

"Ces centrales fonctionnent moins bien, il y a usure du combustible et des conséquences sociales importantes pour le planning de travail des entreprises sous-traitantes", a-t-il précisé, estimant que le froid est "un révélateur d’une situation déséquilibrée".

Interruptions

Le service de presse de GDF a précisé mardi que l’entreprise publique avait demandé "la semaine dernière" à 200 clients industriels, parmi lesquels des agriculteurs qui produisent sous serres, d’interrompre momentanément leur consommation de gaz, conformément à leurs contrats

"En contrepartie d’une réduction de leur facture, ces clients industriels acceptent par contrat de réduire ou d’interrompre leur consommation de gaz en cas de besoin", a-t-on expliqué à Gaz de France.

L’entreprise n’avait pas pris de décision de ce type, c’est-à-dire d’interrompre la fourniture de ces 200 clients industriels, depuis 1995.

La semaine dernière, les producteurs de légumes sous serre s’étaient d’ailleurs plaints d’une "situation dramatique" due à la vague de froid et avaient demandé au président de Gaz de France Jean-François Cirelli de faire preuve de "compréhension". Pour "assurer la continuité des livraisons de gaz aux consommateurs jusqu’à la fin de l’hiver", GDF a précisé qu’elle avait aussi recours à des "contrats d’approvisionnement à long terme" et à des achats supplémentaires de gaz naturel "sur les places de marché européennes, en Grande-Bretagne, en Belgique, et aux Pays-Bas".

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