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AFP | 30 décembre 2005

Gaz russe : Moscou refuse de geler les prix, l’UE préoccupée

samedi 31 décembre 2005

IEV (AFP) - L’Ukraine a tenté en vain vendredi de repousser la menace agitée par la Russie de lui couper le gaz au matin du 1er janvier en proposant un moratoire sur son prix, alors que les négociations entre les deux pays semblaient plus ardues que jamais.

Dans un télégramme au président russe Vladimir Poutine, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a proposé d’"achever les négociations (...) pendant la première dizaine de janvier" et de "décréter un moratoire sur la hausse des prix et des tarifs" gaziers jusqu’au 10 janvier.

M. Poutine n’a pas répondu immédiatement, alors que le géant gazier russe Gazprom a réagi dans l’instant et fustigé la proposition "inacceptable" de la présidence ukrainienne.

Dans la soirée, M. Iouchtchenko s’est néanmoins une nouvelle fois déclaré optimiste, estimant que "l’entente" serait trouvée "très bientôt".

De son côté, le commissaire européen à l’Energie Andris Piebalgs a convoqué pour mercredi à Bruxelles une réunion spéciale d’experts de l’UE afin de discuter des conséquences éventuelles pour les marchés européens.

"Préoccupée", la Commission européenne "suit de très près les discussions entre la Russie et l’Ukraine concernant les livraisons de gaz", a indiqué l’exécutif européen dans un communiqué.

Malgré tout, elle a assuré rester "confiante (sur le fait) qu’un accord pourra être conclu entre les parties et que tant la Russie que l’Ukraine respecteront leurs engagements concernant l’approvisionnement des marchés européens" en gaz.

Elle a également déclaré ne pas craindre "une pénurie de gaz en Europe à court terme".

Ces développements surviennent au lendemain d’une proposition du président russe Vladimir Poutine d’accorder un crédit de 3,6 milliards de dollars à l’Ukraine pour qu’elle puisse payer le prix fort. Une offre aussitôt rejetée depuis Kiev par le président ukrainien, le pro-occidental Viktor Iouchtchenko.

Vendredi, Gazprom a réitéré dans la matinée sa menace de couper ses livraisons à l’Ukraine si Kiev ne se résout pas au quadruplement du prix du gaz.

Depuis le retour à Kiev dans la nuit des principaux négociateurs ukrainiens, le pays se prépare à un durcissement possible de la crise gazière.

Le Premier ministre ukrainien Iouri Ekhanourov a déclaré que le pays était "prêt à tout cataclysme".

"La population ne sentira rien", même si Gazprom met sa menace à exécution et ferme les robinets de gaz, a-t-il assuré sur la radio Era FM.

De son côté, le ministère ukrainien des Situations d’urgence a annoncé qu’une structure interministérielle serait mise sur pied pour "prendre les décisions nécessaires" en cas de coupure.

Enfin, la compagnie publique Gaz d’Ukraine a promis que les besoins de la population et des entreprises municipales de chauffage collectif seraient couverts grâce à la production gazière du pays et à ses réserves.

En revanche, les livraisons aux gros groupes industriels devront être réduites si le gaz était coupé, notamment dans les régions de Donetsk (est) et Odessa (sud), a précisé le directeur adjoint de Gaz d’Ukraine, Ivan Varga.

Si un compromis n’est pas trouvé, faute de réellement pouvoir "couper" le gaz à l’Ukraine, Gazprom a indiqué qu’il ferait baisser le 1er janvier à 10H00 (7H00 GMT) la pression dans le gazoduc qui passe par le territoire ukrainien et transporte le gaz vers l’Europe, "ce qui diminuera les livraisons d’un volume équivalent à celui destiné à l’Ukraine".

Depuis des semaines, Gazprom veut quadrupler son tarif pour l’Ukraine, actuellement facturé 50 dollars les 1.000 m3, et porter son prix à 220-230 dollars/1.000 m3 pour rattraper les niveaux du marché international.

Kiev estime ce prix inacceptable et veut une hausse graduelle étalée sur plusieurs années.

L’Ukraine menace en l’absence d’un accord avec Moscou de prélever du gaz russe en transit.

Même si Moscou déclare le différend purement commercial, il s’inscrit dans la tension apparue entre les deux pays après la "révolution orange" de l’automne 2004 qui a vu arriver au pouvoir l’opposition pro-occidentale ukrainienne.

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