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Un article de Pierre-Henri Lab paru dans L’Humanité » du 21 juin 2006

Gaziers et électriciens déterminés à gagner

mercredi 21 juin 2006 par Pierre-Henri Lab
GDF . Le report en septembre de l’examen du projet de loi de privatisation de l’entreprise publique est vécu comme un « encouragement » à poursuivre la mobilisation.

Les électriciens et gaziers se sont mobilisés hier contre le projet de fusion de Gaz de France. La CGT énergie a revendiqué des coupures d’électricité de l’éclairage public dans plusieurs villes du sud-ouest et d’autres visant les domiciles de parlementaires et d’élus locaux UMP, comme le maire de Bayonne, Jean Grenet, ou le sénateur et maire de Biarritz, Didier Borotra. Dans la plupart des régions, les salariés à l’appel de la CGT, de FO et de la CFE-CGC ont manifesté et souvent déposé des motions en préfecture contre la privatisation du gazier national.

Mettre en échec le gouvernement

Les syndicats CFDT, malgré les déclarations pro-fusion de François Chérèque, ont participé à la quasi-totalité des cortèges. En début de matinée, les directions de GDF et d’EDF ont fait état respectivement de taux de grévistes de 13,4 % et 9,9 %. Des pourcentages peu révélateurs. Dans les deux entreprises publiques, le taux de gréviste étant calculé par rapport à l’effectif total et non par rapport au nombre de personnels devant être normalement en poste.

Le cortège parisien qui partait du siège social de GDF dans le 17e arrondissement a rassemblé 3 000 personnes. Une mobilisation nettement supérieure aux dernières manifestations organisées contre l’ouverture du capital de GDF. Outre des électriciens et gaziers, des salariés d’autres entreprises se sont joints à la manifestation. On notait en particulier la présence d’une délégation de cheminots CGT emmenée par leur secrétaire général, Didier Le Reste.

« L’électricité, le gaz, c’est pas pour le privé, c’est un droit pour les usagers », ont scandé des manifestants parisiens très souriants. L’annonce du report en septembre de l’examen d’un projet de loi autorisant la privatisation de GDF est vécue comme « un encouragement » à poursuivre la mobilisation. « Nous pouvons mettre en échec le gouvernement », ont assuré nombre de participants au cortège parisien.

Une conviction partagée par le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly et le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest, présents dans la manifestation.

Maintenir la maîtrise publique

Pour Bernard Thibault, « l’annonce du report en septembre de l’examen du projet de loi autorisant la privatisation de Gaz de France témoigne que l’avenir de la politique énergétique est devenu un débat public ». Le responsable syndical estime « que les actions menées par les gaziers et les électriciens en direction des usagers et des autres salariés ont porté leur fruit ». Faisant part de la volonté de la CGT de poursuivre et d’intensifier sa mobilisation jusqu’à l’abandon du projet, Bernard Thibault a, à nouveau, insisté sur « la nécessité de maintenir une maîtrise publique de la politique énergétique ». Il a également renouvelé sa proposition d’une fusion entre EDF et GDF. Le responsable cégétiste a ensuite dénoncé la volonté du gouvernement de poursuivre l’ouverture à la concurrence dont il juge, faisant en particulier référence à la hausse des prix, le « bilan catastrophique ». « Le gouvernement serait mieux inspiré de prendre l’initiative politique européenne, de proposer des réponses à la crise énergétique fondées sur des alliances et des coopérations pour des projets industriels et de service public », a-t-il déclaré. Pour sa part, Jean-Claude Mailly a condamné la politique de privatisation du gouvernement. « Quand on défend le service public, on défend la République », a-t-il lancé. Pour le secrétaire général de FO, « refuser la privatisation de GDF, c’est défendre le choix d’une société solidaire ». Le responsable syndical a ensuite insisté sur le fait que la « fusion n’était pas une garantie anti-OPA pour Suez ». « Demain Suez sera toujours "opéable", cela coûtera juste un peu plus cher », a-t-il estimé. Avant d’alerter sur le démantèlement du groupe en cas de fusion avec GDF. Et d’affirmer que « la fusion entraînera la cession de la branche environnement de Suez ».

Conscients que la privatisation de GDF est reportée et non pas abandonnée, les fédérations de l’énergie CGT, FO, et CFE-CGC doivent se rencontrer dans les prochains jours pour organiser la poursuite de la mobilisation. Le secrétaire général de la CGT énergie, Frédéric Imbrecht, veut « faire de la bataille contre cette privatisation un mot d’ordre de la rentrée sociale ».

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