Liste des auteurs

Madeleine Vatel | Le Monde du 14 juillet 2007

Gazprom choisit Total pour exploiter le gisement géant de Chtokman en Russie

samedi 14 juillet 2007 par Madeleine Vatel

Le groupe russe Gazprom a choisi, jeudi 12 juillet, le français Total comme partenaire pour développer Chtokman, l’un des plus gros gisements gaziers au monde. Un accord devait être signé vendredi entre les deux groupes.

Depuis deux ans, la Russie n’en finissait plus de tergiverser sur l’attribution de ce gisement. Las peut-être des convoitises et en véritable maître du jeu, Gazprom expliquait, en octobre 2006, qu’il développerait seul le gisement, les partenaires étrangers n’ayant plus qu’à rentrer chez eux.

L’épisode vient donc d’être dénoué : "La part de Gazprom dans ce projet monte à 75 %, tandis que celle de Total à 25 %", a détaillé, jeudi, le président de Gazprom, Alexeï Miller. Pour la première phase de développement de ce gisement situé dans la mer de Barents, le groupe russe a choisi de créer une société qui ne sera que "propriétaire de l’infrastructure" de l’exploitation. Total ne possédera pas les réserves - les licences d’exploitation restant la propriété de Gazprom - mais apportera son savoir-faire et participera à la gestion.

Le gisement affiche des réserves prouvées qui s’élèvent à 3 700 milliards de mètres cubes de gaz. Soit une fourniture en gaz étalée sur cinquante à soixante-dix ans, qui doit permettre de compenser la baisse d’extraction prévue dans les réserves de Sibérie.

PLUSIEURS REVERS EN RUSSIE

A l’origine, Chtokman aurait dû être le point de départ pour la conquête du marché du gaz liquéfié naturel vers les Etats-Unis. Mais finalement, le gaz transitera d’abord par le gazoduc Nord Stream qui reliera la Russie et l’Europe occidentale sous la mer Baltique. Selon M. Miller, la première phase de ce projet est estimée entre 12 et 14 milliards de dollars (8,7 à 10,2 milliards d’euros) et s’achèvera en 2013.

Des experts estiment que, sans un partenaire occidental, le coût d’exploitation du gisement pour Gazprom aurait été plus élevé de 10 % à 15 %. Mais le choix n’est pas seulement économique. Il s’accompagne d’une impulsion politique.

Le quotidien d’affaires Vedomosti fait un rapprochement très clair avec l’échange, mercredi, entre Nicolas Sarkozy - à l’initiative du coup de fil - et son homologue russe Vladimir Poutine. Le site Internet Kremlin.ru affirme que la conversation concernait "la sphère des ressources énergétiques". Quant au service de presse de l’Elysée, il indique de son côté qu’il s’agissait bien d’évoquer Chtokman. On ignore si la contrepartie consiste à soutenir la Russie dans le cadre de l’accord stratégique avec l’Union européenne pour garantir les importations de gaz et de pétrole russes.

Pour Total, cette marque de confiance est en tout cas bienvenue après quelques revers en Russie. Opérateur à hauteur de 50 % du projet de raffinage du gisement de Khariaga - une réserve de pétrole estimée à 96 millions de tonnes - il s’était fait menacer de se voir retirer sa licence s’il ne tenait pas ses objectifs de production de brut. De plus, il y a trois ans, Total avait dû remiser ses projets de prise de participation de 20 % dans le producteur de gaz indépendant Novatek.

La question est maintenant de savoir quels seront le ou les autres investisseurs qui viendront se partager jusqu’à 24 % de Chtokman, que Gazprom a promis de mettre en jeu. Les autres candidats au gisement sont le norvégien Statoil-Norsk Hydro, ainsi que les américains Chevron et ConocoPhillips. Madeleine Vatel

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !