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Dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 28 septembre 2006

Grève à l’éducation nationale contre le budget 2007

jeudi 28 septembre 2006
Les collèges et lycées payent un lourd tribut au projet de budget 2007 avec quelque 9 000 postes de moins selon le projet de loi de finances, 4 900 selon le ministère de l’éducation, provoquant la colère des syndicats qui ont appelé à une journée de grève et de manifestations jeudi 28 septembre.

Dès l’annonce, en juin, de ces milliers de suppressions de postes, cinq fédérations du monde éducatif (FSU, UNSA-éducation, SGEN-CFDT, FAEN et FERC-CGT) avaient appelé à la grève, pour protester contre une "saignée jamais vue", qui intervient après la suppression de 10 000 postes depuis 2004. Les syndicats tablent sur "30 à 35 % de grévistes". "Ce n’est pas toujours simple de mobiliser sur des sujets comme le budget dont les répercussions se feront sentir l’an prochain, sans compter les échéances électorales qui entraînent de l’attentisme", a expliqué à Samy Driss, secrétaire national de l’UNSA-éducation.

Un peu plus 15 % des enseignants des écoles, collèges et lycées se sont mis en grève, a annoncé à la mi-journée le ministère de l’éducation nationale dans un communiqué. Selon le principal syndicat du second degré, le SNES-FSU, qui a établi ses calculs sur la base de 200 établissements, la moyenne de participation est de 29 % de grévistes dans les collèges et lycées. Le ministère a estimé les taux de participation à la grève dans la totalité des académies à 15,56 % dans les lycées généraux et technologiques, 16,19 % dans les lycées professionnels, 18,01 % dans les collèges et 15,3 % dans les écoles primaires. Selon lui, 7,26 % des personnels Atoss (non enseignants) ont également débrayé.

La grève du 4 octobre 2005, lors d’une journée interprofessionnelle pour le pouvoir d’achat et l’emploi, avait mobilisé selon le ministère entre 30 % et 37 % de professeurs selon les niveaux d’enseignement. Les syndicats avaient évoqué des moyennes de 50 % de grévistes dans les écoles et 53 % dans les collèges et lycées.

Des manifestations sont prévues un peu partout en France, jeudi. Du côté des créations de postes aussi, les organisations ont exprimé leur mécontentement : les 2 000 créations dans l’enseignement supérieur et la recherche sont en effet en deçà des 3 000 promises par le gouvernement. "Si l’on veut mettre en place les réformes que le gouvernement avait promises", ça "nécessite plus de créations", a assuré Bertrand Monthubert, président de Sauvons la recherche, regrettant "un engagement budgétaire pris et non tenu".

"RATIONALISATION" DES EMPLOIS

Selon le projet de loi de finances (PLF) pour 2007 présenté, mercredi 27 septembre, en conseil des ministres, l’éducation nationale subit, au nom de la "rationalisation" des emplois de la fonction publique, une perte nette de 7 103 emplois. L’enseignement supérieur et la recherche bénéficient de la création de 2 000 postes, également répartis entre les universités et les organismes de recherche et d’une hausse de 1 milliard d’euros, soit 3,44 % par rapport à 2006.

Parallèlement, toujours selon le PLF, 8 700 postes sont supprimés dans l’enseignement scolaire (de la maternelle à la terminale). En tenant compte des 500 créations d’emplois dans les écoles au titre de l’augmentation des effectifs (+30 à 40 000 enfants), ces créations font grimper les suppressions de personnels à plus de 9 000 pour les seuls collèges et lycées.

Pour le ministre de l’éducation nationale, Gilles de Robien, "dire que 8 700 postes sont supprimés est faux". Il a estimé le solde de pertes d’emplois à 4 900. Son entourage a précisé que le différentiel des chiffres s’expliquait parce que Bercy "calcule en année civile tandis que nous comptons les conséquences du budget sur la rentrée 2007". "3 900 postes sont vacants donc ne sont pas financés sauf à tromper les citoyens", a-t-il expliqué. Ces postes correspondent pour 3 600 au non-recrutement en 2006 de nouveaux enseignants pour compenser les départs en retraite et pour 300 à des postes d’assistants de langue qui n’ont pas trouvé preneurs.

Par ailleurs, a expliqué le ministre, 2 000 départs en retraite ne seront pas remplacés au titre de la baisse des effectifs et 3 250 équivalents temps plein seront récupérés par l’abandon des heures de décharge de service dont bénéficient certains enseignants et par le biais des disciplines connaissant des surnombres.

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