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Paul Falzon | L’Humanité du 17 janvier 2007

Grève massive à General Motors

mercredi 17 janvier 2007 par Paul Falzon
Automobile . Les salariés du site strasbourgeois refusent d’être rémunérés à la « performance » et que leurs temps de travail soit annualisé.

Plus de 90 % de grévistes parmi les ouvriers, des débrayages parmi les autres catégories de salariés, des syndicats soudés : l’usine General Motors (GM) de Strasbourg, site spécialisé dans la fabrication de boîtes de vitesses qui emploie 1 500 salariés, connaît depuis le 11 janvier le conflit social le plus dur de son histoire. « C’est la première fois qu’on voit les cadres cesser le travail par solidarité avec les salariés des chaînes de production, note Memouna Abouche, de la CGT. Les grèves sont plutôt rares ici, et lors de la dernière, en 2000, les ouvriers se battaient seuls. Là, on sent que tout le monde est déterminé à faire céder la direction. »

Ce sont les négociations salariales qui ont déclenché le mouvement. La hausse générale proposée était de seulement 0,8 %, la direction cherchant à instaurer un nouveau système de rémunération à la « performance ». Les indem-nités journalières pour les salariés malades auraient également été supprimées et reversées au « pot » censé récompenser les plus « efficaces ». En parallèle, la direction voulait annualiser les RTT et le travail du vendredi pour flexibiliser la production. « Une façon de ne plus payer d’heures supplémentaires en période de forte cadence », estime Memouna Abouche qui, avec les autres membres de l’intersyndicale CFDT-CGT-FO, refuse « les pratiques à l’américaine » que GM veut d’imposer à ses salariés, y compris en jouant sur la mise en concurrence de ses différents sites européens et la peur de la délocalisation.

L’usine de Strasbourg a déjà vu le service de la paye filer à Barcelone, tandis que les ressources humaines ont été externalisées à une agence d’intérim. « Aujourd’hui, on craint que ce soit le service achats qui soit transféré, peut-être en Allemagne », glisse un employé de l’ingénierie. C’est cette « inquiétude généralisée » qui explique le débrayage d’une heure auquel se sont livrés lundi une forte proportion de cadres et employés du centre technique de l’usine. Pour ces derniers, le jeu est risqué : la direction leur demande désormais de remplacer les ouvriers sur les chaînes de production, sans qu’ils aient aucune formation pour cela, et leur statut ne les met pas à l’abri d’un licenciement s’ils refusent. Cette tentative de diviser les différentes catégories d’employés ne semble pas entamer la détermination des grévistes. « Nous avons calculé que chaque ouvrier rapporte, par heure, 75 euros de valeur ajoutée à GM ; nous demandons seulement que, sur ce montant, 1 euro de plus soit reversé aux ouvriers, pour aboutir à une augmentation mensuelle de 100 euros », souligne Memouna Abouche. De nouvelles rencontres entre l’intersyndicale et la direction étaient prévues hier soir.

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