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Un article de Monique Raux paru dans Le Monde du 26 mars 2006

Hausses de salaire pour le personnel de Baccarat après dix jours de grève

dimanche 26 mars 2006 par Monique Raux

Le conflit qui opposait des salariés de la manufacture Baccarat (Meurthe-et-Moselle) à la direction de l’entreprise depuis le 14 mars s’est achevé, vendredi 24 mars, au tribunal de grande instance (TGI) de Nancy.

La direction de la société avait intenté un référé d’heure à heure afin d’obtenir l’expulsion du piquet de grève qui obstruait les entrées du site. Vingt-deux grévistes étaient assignés. Dans l’après-midi, le TGI a ordonné la levée des piquets de grève.

Quelques heures plus tôt, les grévistes s’étaient exécutés d’eux-mêmes, libérant les accès de la cristallerie et annonçant la reprise du travail pour lundi 27 mars. Le protocole de fin de conflit n’a cependant pas encore été signé.

Après dix jours de grève sur ce site, qui est une des manufactures les plus emblématiques du luxe à la française, les salariés ont obtenu une augmentation de salaire de 38 à 50 euros net par mois.

Ils réclamaient 150 euros pour chacun d’entre eux. Impensable pour une société dont "les résultats sont en baisse", a indiqué le directeur général, Marc Leclerc, venu à Baccarat dans la semaine.

"En novembre 2005, on nous a dit qu’il fallait faire des efforts pour atteindre un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros, explique Michel Kostka, délégué syndical CGT. Les efforts, on les a faits, mais, en décembre, on nous a annoncé qu’il n’y aurait pas d’intéressement. Sauf que les cadres ont reçu de grosses enveloppes."

Fils d’un sous-fondeur qui plaçait le cristal à la pelle dans les pots, M. Kostka est entré à la manufacture voici vingt-huit ans. Il en avait seize. Aujourd’hui, il est souffleur, aux carafes.

Il mesure l’évolution de l’entreprise, concède la rudesse de la concurrence. "C’est vrai, il faut évoluer pour faire du chiffre, concède M. Kostka. Mais, aujourd’hui, on mécanise à outrance, on fait appel à la sous-traitance. On est passé de 1 200 à 670 personnes. Notre métier, ce n’est pas de poser des cartons. Baccarat, c’est d’abord un savoir-faire. Moi, il m’a fallu vingt-huit ans pour arriver à ce que je fais..."

Ce savoir-faire, les ouvriers de Baccarat entendent en expliquer toute la singularité le 7 avril aux actionnaires, à Paris.

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