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Propos recueillis par Cécile Calla | Le Monde le 4 février 2007

IG-Metall estime que "l’Allemagne n’est pas mieux traitée que la France" par Airbus

dimanche 4 mars 2007 par Cécile Calla
Jutta Blankau, responsable d’IG-Metall, le syndicat de la métallurgie dans une zone qui compte la quasi-totalité des sites de l’avionneur outre-Rhin

Jutta Blankau dirige d’IG-Metall, le syndicat de la métallurgie dans une zone qui compte la quasi-totalité des sites de l’avionneur outre-Rhin. Elle se déclare "déçue par certains collègues français".

Des assemblées générales ont eu lieu, vendredi 2 mars, dans tous les sites allemands d’Airbus. Quel est le résultat de ces réunions ?

Il y a encore beaucoup de questions sans réponse. Et les salariés en sont très mécontents. On ne sait pas, par exemple, quand Airbus a prévu de vendre les sites de Laupheim et Varel.

Quelle sera votre stratégie ?

Le travail va reprendre lundi dans les trois sites qui s’étaient mis en grève, depuis mercredi 28 février, et nous allons continuer à informer quotidiennement les salariés. Une journée d’action au niveau européen est prévue dans deux semaines, une date précise reste encore à déterminer.

Nous ne pouvons pas nous mettre en grève car la législation ne permet pas l’organisation d’un mouvement social pour contester une décision d’entreprise. Les arrêts de travail qui ont eu lieu à Varel, Laupheim et Nordenham étaient spontanés et non organisés par IG-Metall.

Pensez-vous trouver un terrain d’entente avec Airbus sur le plan de restructurations ?

Nous avons clairement dit que nous étions contre une vente des sites de Varel et Laupheim, la recherche d’un partenaire pour Nordenham et la suppression des emplois. La source des problèmes ne se trouve pas là. Ces mesures risquent au contraire de renforcer les difficultés d’Airbus. Lors de la crise de l’A380, nous avions proposé de réformer l’organisation du travail et la communication. D’après Louis Gallois, coprésident d’EADS et président d’Airbus, ainsi que Gerhard Puttfarcken, président d’Airbus Allemagne, les comités d’entreprise auront la possibilité de présenter leurs idées à l’entreprise. Mais, pour l’instant, aucune rencontre n’est prévue. Il va sans doute s’écouler encore beaucoup de temps avant que les négociations s’ouvrent avec la direction.

Airbus justifie ces restructurations en expliquant que l’entreprise a besoin de capitaux pour investir dans de nouveaux projets ?

Je ne crois pas que l’entreprise aille si mal. Qu’Airbus mette des chiffres sur la table et nous apporte des preuves.

Etes-vous sur la même ligne que vos collègues français ?

Je suis quelque peu déçue par certains de mes collègues français qui pensent que les hommes politiques allemands ont pesé pour tourner les choses à leur avantage. Je ne considère pas que l’Allemagne soit mieux traitée par Power 8 que la France. Les charges ont été partagées entre les deux pays, et c’est donc ensemble que nous devons montrer que nous n’acceptons pas les mesures d’Airbus.

Nous nous sommes d’ailleurs mis d’accord lors de la réunion des syndicats européens d’Airbus à Bruxelles pour combattre ensemble.

Avez-vous le sentiment d’être soutenus par la classe politique ?

Sur ce dossier, la mobilisation des politiques a été tardive. J’attends d’eux qu’ils s’engagent pour tous les sites allemands. Je me sens soutenue par le ministre-président (CDU, chrétiens-démocrates) de Basse-Saxe, Christian Wulff. En revanche, le Sénat de Hambourg est bien peu mobilisé alors que la région va perdre de nombreux emplois et que la vente des sites de Varel et Laupheim pourrait également signifier pour eux une perte de savoir-faire.

J’aimerais que les politiques français et allemands s’opposent ensemble à la vente des sites, mais j’ai peu d’espoir.


Le gouvernement allemand "en étroit contact " avec la direction

Le gouvernement allemand a indiqué, vendredi 2 mars, qu’il allait accompagner activement les restructurations d’Airbus et "rester en étroit contact" avec la direction du groupe. Une porte-parole du ministère des transports, par ailleurs, a relativisé les propos de son ministre, Wolfgang Tiefensee (SPD), qui avait dit vouloir engager de nouvelles discussions avec la direction d’Airbus pour préserver le maximum d’emplois. Déclaration qui, selon la presse, a créé des tensions au sein de la coalition au pouvoir.

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