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Audition de la CGT par la Commission économique de l’assemblée nationale

II/ Le projet n’améliorerait pas, au contraire, la sécurité d’approvisionnement en gaz

dimanche 30 juillet 2006 par FNME-CGT
Selon les défenseurs du projet, ce recul de la maîtrise publique aurait comme contrepartie de constituer un acteur gazier permettant de vendre moins cher le gaz aux usagers domestiques et industriels. C’est absolument faux.

Gaz de France est déjà un leader contrairement à Suez

Prétendre que Gaz de France est de taille moyenne est malhonnête car cela sous-entend qu’en fusionnant avec Suez, on forme un acheteur de gaz de taille beaucoup plus grande.

Gaz de France est une des plus importantes compagnies gazières au monde par ses actifs en termes de structures industrielles intégrées de l’amont à l’aval : une dizaine de plates-formes offshore et terrestres de production de gaz -2 terminaux méthaniers -4 navires méthaniers- plus de 150 000 km de canalisation de transport et de distribution de gaz -13 sites de stockages souterrains totalisant plus de 10 milliards de m3 de gaz en réserve (20 % de la consommation française )- 45 stations de compressions de gaz. En Europe, Gaz de France possède un des plus importants sites de recherche et développement sur les techniques gazières, qui est le fer de lance du GERG (Groupe de Recherche Européen sur le Gaz). Il est le leader de la technologie cryogénique sur la chaîne GNL (gaz naturel liquéfié) et le plus gros importateur de GNL.

Suez : une activité gazière sans comparaison avec celle de Gaz de France

En comparaison, Suez est trois fois plus petit que Gaz de France. Distrigaz représente en volume à peine un tiers de Gaz de France. Si on retire le gaz destiné à la production d’électricité, la comparaison tombe à 25%. Il n’y aurait donc pas de changement d’échelle avec la fusion comme voudrait le faire croire les défenseurs du projet de fusion.

L’expérience industrielle de Suez est limitée en raison de la faiblesse de ses actifs qui concernent essentiellement le GNL.

L’activité internationale repose sur deux sociétés basées à l’étranger : Suez Energy Nord America qui gère les terminaux de regazéification au Mexique, aux USA et au Canada et Suez Global Lng implanté à Londres/Luxembourg s’occupe des activités GNL court terme et des approvisionnements en GNL pour les terminaux précédents ainsi que des participations à des projets de liquéfaction sur l’ensemble du globe pour alimenter le marché nord américain.

Le modèle Suez : trading et arbitrage avec le marché américain aux prix élevés

On nous explique ainsi que le groupe par son volume d’achat bénéficierait de prix plus bas. Ces gains sont tout à fait hypothétiques car Gaz de France est déjà un très gros acheteur sur contrats de long terme. En supposant que ce soit le cas, les usagers n’en auront pas le bénéfice. Les deux Présidents ont promis aux actionnaires que ce sont eux qui bénéficieront de ces économies, incluses dans les "synergies".

De plus, la spécialisation de Suez dans le GNL et son implantation en Amérique du Nord laissent présager des arbitrages par le groupe entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Les prix plus élevés en Amérique du Nord orienteront ces arbitrages en défaveur de l’Europe, comme cela s’est déjà produit depuis plusieurs hivers.

Comment prétendre dans ces conditions à une amélioration de la sécurité d’approvisionnement et à une baisse des prix. Tout au contraire, le groupe pourra jouer de ses possibilités d’écoulement de son gaz sur deux continents en défaveur de l’Europe et ce sera un facteur d’augmentation des prix. Car même à supposer que les prix d’achat soient améliorés par la fusion, le groupe n’aura strictement aucune obligation de répercuter cette baisse aux consommateurs dans un contexte de déréglementation.

Le projet livrerait l’expertise du service public aux actionnaires privés

Au total, prétendre que cette opération serait favorable aux consommateurs est proprement scandaleux. La privatisation de Gaz de France va générer la mise en œuvre d’une logique industrielle centrée sur la recherche de création de valeurs pour les actionnaires, ce qui va porter atteinte au fragile équilibre trouvé entre les pays producteurs et les pays consommateurs au travers des contrats à long terme qui, nous le pensons, sont seuls de nature à garantir notre sécurité d’approvisionnement gaz et ceci dans la durée.

La force de Gaz de France, ce sont les contrats de long terme conclus dans des relations d’Etat à Etat. Ce sont des acquis du service public français. La fusion Suez-Gaz de France revient à mettre en péril cet acquis au profit d’une spéculation internationale.

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