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Charlotte Noblet | L’Humanité du 16.11.2007

Il n’y a plus de trafic à la Deutsche Bahn

samedi 17 novembre 2007 par Charlotte Noblet
Allemagne . Les conducteurs de train, qui réclament une convention collective propre, étendent leur mouvement à l’ensemble des lignes, fret et passagers.

« GDL en grève » peut-on lire sur les panneaux en bord de quai qui indiquent normalement les trains au départ. Flyers à la main, plusieurs conducteurs de train, contrôleurs et autres membres du syndicat allemand GDL expliquent la nécessité de leur action aux passagers retardés. Mais, en ce jeudi matin, à la gare de l’Est de Berlin, des agents de la compagnie de chemin de fer allemande Deutsche Bahn (DB) leur font concurrence, allant également à la rencontre des usagers : « Pour Dresde, Cottbus et Francfort sur l’Oder, la DB a mis en place des lignes de bus. »

Ce qui alimente les conversations, c’est la disparité des perturbations entre l’est et l’ouest de l’Allemagne. 10 % des trains régionaux voyageurs circuleraient à l’est du pays, contre 50 % à l’ouest. Le trafic de banlieue serait fortement ralenti et, sur les grandes lignes, deux tiers des trains rouleraient. Au total, plus de 15 millions de personnes seraient concernées par le mouvement social annoncé jusqu’à demain et reconductible.

Le syndicat GDL (34 000 mem- bres) met la pression pour faire entendre ses revendications, les mêmes depuis maintenant presque huit mois : une convention collective propre au personnel roulant ainsi qu’une augmentation des salaires allant jusqu’à 31 % pour s’aligner sur les standards européens. En juillet dernier, les autres syndicats ayant signé des conventions modérées (augmentation de 4,5 % en janvier 2008 et prime de 600 euros), la direction de la DB a longtemps misé sur une division du personnel. Mais, devant la détermination du GDL, impossible de faire la sourde oreille plus longtemps. Le 15 octobre, la direction proposait une augmentation de 10 % accompagnée d’une prime. Le chef logistique de la DB, Norbert Bensel, serait prêt à négocier tout en refusant catégoriquement le principe d’une convention collective propre au personnel roulant. Offre déclinée par le GDL.

Une fois encore, la DB essaye de minimiser l’ampleur des perturbations. Hier, l’équipe du matin des usines Audi, à Bruxelles, n’est pas allée au travail car les pièces de carrosserie en provenance de Bratislava (Slovaquie) sont bloquées en Allemagne de l’Est. Et, selon la fédération des entreprises de transport et de logistique (BGL), le trafic routier ne peut assurer la contredanse. Résultat : séance extraordinaire du conseil d’administration de la DB, hier, sur la question des rémunérations salariales. Le gouvernement pendant ce temps multiplie les appels à négocier pour éviter « l’escalade ».

Et si la DB ne fait aucune nouvelle proposition tarifaire et que le GDL reconduit la grève ? L’article 9 de la Loi fondamentale définissant le droit de grève fait une fois de plus l’objet de discussions. Faut-il limiter ce droit ? La question n’est pas sans rappeler la restriction initiale du droit de grève faite au GDL sur demande de la DB. Au nom de l’intérêt général, pour « une Deutsche Bahn pour tous », les deux autres syndicats de l’entreprise publique envisagent eux aussi de faire grève pour protester contre le plan de privatisation annoncé il y a une semaine.

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