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Un article de Feryel Gadhoum et Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 31 mars 2006

Intenses tractations autour de la fusion Suez-Gaz de France

vendredi 31 mars 2006 par Frédéric de Monicault, Feryel Gadhoum
Énergie Les deux groupes mènent des discussions sur les actifs à céder et s’efforcent d’apaiser les salariés.

GUY VERHOFSTADT était à Rome hier. Officiellement, le premier ministre belge y allait pour la présentation de son livre Les Etats-Unis d’Europe au siège de la représentation de la Commission européenne en Italie. Tout cela sous l’oeil attentif de Romano Prodi, challenger de Silvio Berlusconi pour la présidence du Conseil. Nul doute donc que l’affaire épineuse Suez-Gaz de France-Enel, qui agite les classes politiques française, italienne et belge, aura été évoquée.

Rien n’a filtré de l’entretien entre les deux hommes, mais l’un et l’autre ont beaucoup à jouer dans cette bagarre. Le premier ministre belge, qui ne devait pas rencontrer le patron d’Enel, s’est fait un point d’honneur d’obtenir, à l’occasion de cette fusion, la libéralisation rêvée du secteur de l’énergie dans son pays. Il ne permettra donc pas que les négociations bi ou trilatérales entre les industriels se fassent sans qu’il soit consulté ou tenu au courant.

Convaincre les salariés

Le ton est très déterminé. Il faut dire qu’outre-Quiévrain, Suez contrôle plus de 70% du marché de l’électricité et 80% du marché du gaz. Avec la fusion, cette position serait encore renforcée. Et il est hors de question pour les Belges que leur énergie soit entièrement contrôlée par « la France ». Suez voudrait bien faire d’une pierre deux coups. Satisfaire aux exigences de la Commission européenne et du gouvernement belge en cédant des actifs et calmer le jeu avec Enel en le choisissant comme repreneur unique. Du coup, Suez et Gaz de France mènent, dans le plus grand secret, des discussions tous azimuts avec les différents intervenants. Officiellement pourtant, chacun campe sur ses positions : Suez affirme ne rien vouloir céder à personne et Enel se tient toujours prêt à lancer son offre après les élections italiennes.

Parallèlement, les deux énergéticiens français sont mobilisés sur d’autres fronts. Gaz de France, en particulier, doit s’évertuer à convaincre ses salariés de la pertinence de cette fusion. « Sans même parler des questions de statut des personnels, les différences culturelles entre les deux entreprises (Suez et Gaz de France) sont très importantes. Par ailleurs, avant même de fédérer les équipes des deux entreprises, il va falloir intensifier le « démixage » de la structure commune à EDF et Gaz de France », souligne un bon connaisseur du dossier.

Du côté syndical, la prochaine journée d’action aura lieu le 11 avril. La Fédération CGT Mines-Energie se défend de toute timidité dans sa campagne menée actuellement contre la fusion. Mais elle constate que la lame de fond contre le CPE empêche pour le moment toute possibilité de se faire entendre sur ce dossier.

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