Liste des auteurs

Une dépèche AFP et Reuters parue sur Lemonde.fr le 10 mai 2006

José Manuel Barroso renvoie à 2008 le débat sur la Constitution européenne

jeudi 11 mai 2006
Pour sortir de la situation de blocage des institutions européennes, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a tenté, mercredi 10 mai, de convaincre les dirigeants européens de reporter toute décision sur la Constitution européenne à 2008. "Au football, on termine un match par les prolongations ou les penalties. Nous ne sommes pas prêts pour les penalties, nous avons besoin de prolongations", a résumé M. Barroso en présentant sa contribution en vue du sommet européen de juin.

Constatant qu’il "n’y a pas de consensus" sur le sort du texte rejeté l’année dernière par les Français et les Néerlandais, M. Barroso juge que les chefs d’Etat et de gouvernement devraient décider en juin "de se donner plus de temps" et prolonger la "réflexion" décidée après les deux référendums négatifs en France et aux Pays-Bas. Pour sortir de l’impasse, il propose la signature "d’une déclaration solennelle" en 2007 à l’occasion des 50 ans du traité de Rome, à la base de la construction européenne. Cette déclaration "fixerait une série de principes et d’objectifs avec une obligation d’engagement" à les réaliser.

De fait, les décisions institutionnelles seraient repoussées à 2008, comme l’ont affirmé plusieurs autres responsables ces derniers jours. Si un consensus semble se dessiner sur ce calendrier, c’est que sur le fond l’impasse reste entière sur l’avenir du texte (renégociation ou pas, globale ou partielle, etc.). "On doit respecter les pays qui ont dit non et qui ont dit qu’ils n’accepteraient pas que la question soit posée à nouveau", a jugé M. Barroso.

2008, dont la seconde moitié se déroulera sous présidence française de l’UE, permettrait d’attendre aussi le résultat des élections néerlandaises et françaises du printemps 2007. Même si M. Barroso a assuré mercredi que son "calendrier n’avait pas de lien avec la politique intérieure française".

UNE "EUROPE DES RÉSULTATS"

Pour ne pas bloquer le processus européen, la Commission a présenté des propositions qui feraient de facto entrer en vigueur des parties de la Constitution européenne. Pour la Commission, il faut certes repousser le débat institutionnel, mais il faut aussi faire à nouveau fonctionner l’Europe pour séduire à nouveau certaines opinions publiques. Sans jamais faire référence à la Constitution en tant que telle, mais à ses "principes", José Manuel Barroso a plaidé pour une "’Europe des résultats".

Dans le domaine social, le mot d’ordre est de développer une forme de protection sociale à travers toute l’Europe grâce à une "carte" des droits. En matière de police et de justice, Bruxelles propose de transférer sans tarder au niveau européen la lutte contre la criminalité.

Malgré ces propositions, José Manuel Barroso dément vouloir anticiper la Constitution. Les partisans du texte, eux, se montrent circonspects. "Une Europe de nombreux petits projets ne peut se substituer à l’Europe du grand projet de la Constitution", a déclaré le social-démocrate allemand Jo Leinen, qui préside la commission constitutionnelle du Parlement européen. "En prenant des morceaux du traité constitutionnel, Barroso retarde la Constitution", a-t-il ajouté en reprochant à la Commission un "manque d’engagement pour résoudre la crise".

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !