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Un article paru dans Le Figaro du 11 aout 2005

L’AIE met en garde contre les effets de la flambée du brut

jeudi 11 août 2005

L’envolée des cours du pétrole au niveau record de 65 dollars le baril n’a pas encore réussi à paralyser l’économie mondiale, mais une bonne partie de son impact reste à venir, prévient l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’impressionnante flambée des cours —on n’était encore qu’à 30 dollars le baril début 2003— n’a jusqu’ici provoqué qu’une « réponse limitée en termes de demande et de substitution. Ils (les prix) n’ont pas complètement étouffé la croissance de la demande de pétrole », souligne dans son rapport mensuel cette agence, établie en 1974 dans la foulée du premier choc pétrolier pour conseiller les pays riches de l’OCDE en matière d’énergie.

Selon les prévisions de l’AIE, qui sont toujours suivies à la loupe par les professionnels, la demande de pétrole va ainsi continuer à augmenter sensiblement cette année et plus encore l’année prochaine : elle progressera de 2% en 2005, à 83,7 millions de barils par jour (mbj), et de 2,1% en 2006, à 85,5 mbj.

En 2004, la demande, portée par le décollage de la Chine et la robustesse de l’économie mondiale, avait pris de court le marché avec une progression estimée à +3,7%.

Pour l’heure, l’envolée des cours n’a pas « été suffisante pour renverser la tendance de la croissance économique, ce qui est bien », note l’AIE.

Les auteurs du rapport établissent un parallèle entre les taux directeurs des banques centrales et les cours du pétrole : dans les deux cas, une montée progressive est largement préférable à un mouvement unique et brusque, soulignent-il.

Mais le pire est peut-être à venir. « L’économie mondiale est toujours largement en train de répondre à la hausse des cours de l’an dernier et attend encore de ressentir la force de l’augmentation de cette année », prévient l’AIE.

Selon les économistes, les principales victimes de la hausse des cours du pétrole sont les pays en développement consommateurs, dont l’économie est proportionnellement plus énergivore que celle des pays développés. Dans certains pays comme le Yemen ou en Amérique centrale, elle a d’ailleurs provoqué de graves troubles sociaux.

Pour l’heure, une partie de la hausse actuelle des cours est due à des facteurs ponctuels comme « une série de perturbations de l’offre, de problèmes géopolitiques, de nombreux ouragans et une forte demande des raffineurs pour du pétrole léger non souffré », note l’AIE.

Mais il y a aussi des facteurs structurels et l’agence déplore une nouvelle fois l’absence actuelle de capacités de production excédentaires, généralement considérées par le marché comme un « coussin de sécurité » en cas de perturbation de la production dans l’un des principaux sites.

Elle regrette à ce propos la « circonspection des pays de l’Opep » (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à investir massivement pour remédier à cette situation, alors qu’à l’heure actuelle seule l’Arabie saoudite dispose d’une marge d’environ 1 à 1,5 mbj, tous les autres membres du cartel, ainsi d’ailleurs que les pays producteurs non membres, pompant déjà à plein régime.

Quant aux pays consommateurs, l’AIE les appelle à poursuivre le renflouement de leurs stocks de pétrole, eux aussi considérés comme des amortisseurs des chocs sur l’offre.

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